Allemagne : la raison retrouvée ? Chancelier Merz : abandonner l'énergie nucléaire a été « une grave erreur stratégique »...
- Vent Contraire en Touraine & Berry

- 16 janv.
- 9 min de lecture
Un grand pas vient d'être franchi!...
Le chancelier MERZ devant un parterre d'industriels allemands,vient de reconnaître publiquement que:
Abandonner l’énergie nucléaire a été « une grave erreur stratégique » (et que) l’Allemagne mène la transition énergétique la plus coûteuse au monde qui appauvrit sa population et lamine son industrie...
Comment notre gouvernement pourrait-il continuer à vouloir imposer un développement à marche forcée des énergies renouvelables intermittentes que sont l'éolien et le solaire, alors que nous sommes en surcapacité et surproduction et que notre électricité est décarbonée à 95%!!!
Le modèle tant vanté s'effondre!

L’anti-modèle allemand
TRANSITION et ENERGIES par La rédaction le 16/01
Même le chancelier allemand Friedrich Merz a fini par l'admettre publiquement cette semaine. Abandonner l'énergie nucléaire a été « une grave erreur stratégique ». L’Allemagne a ainsi réussi l'an dernier le tour de force de voir ses émissions de CO2 par KWh d’électricité produit augmenter… Certes, cette augmentation est symbolique, de seulement un gramme en passant de 334 grammes par KWh en 2024 à 335 grammes en 2025. Mais elle a eu lieu en dépit du fait que 58,5% de la production d'électricité du pays a été faite par des renouvelables dont 47,2% par des renouvelables intermittents éoliens et solaires. Mais quand il n'y a pas de vent et de soleil, il faut bien produire de l'électricité... Et l'Allemagne le fait avec des centrales thermiques. Et en plus, son électricité renouvelable et thermique est la plus chère d'Europe. Par comparaison, la France en est à 32 grammes de CO2 par KWh produit. Son électricité est décarbonée à 95% et est l'une des moins chères d'Europe. Mais la politique énergétique allemande du tout renouvelables reste le modèle de la Commission européenne et des écologistes… Comprenne qui pourra.
Le chancelier allemand Friedrich Merz l’a admis publiquement le 14 janvier. Un coup de tonnerre dans le ciel énergétique outre-Rhin. Abandonner l’énergie nucléaire a été « une grave erreur stratégique » et l’Allemagne mène la transition énergétique la plus coûteuse au monde qui appauvrit sa population et lamine son industrie. « Il y a au moins trois ans, nous aurions dû laisser les dernières centrales nucléaires allemandes en service afin de conserver au moins les capacités de production d’électricité dont nous disposions à l’époque. Nous avons hérité d’une situation que nous devons maintenant corriger. Nous n’avons tout simplement pas assez de capacités de production d’énergie. Je ne connais pas un autre pays qui ait fait des choses plus coûteuses et plus compliquées que l’Allemagne », a ajouté Friedrich Merz.
La meilleure démonstration de l’impasse dans laquelle se trouve l’Allemagne, après avoir investi en deux décennies plus de 600 milliards d’euros dans sa révolution énergétique (Energiewende) et avoir tout misé sur les renouvelables intermittents, a été donnée il y a quelques jours par Eric Van Vaerenbergh, le Directeur général de Atenas Belgium. Il explique la contradiction insurmontable entre le fait d’avoir toujours plus de capacités de production électrique photovoltaïque et éolienne (ENRi) et dans les faits une production d’électricité décarbonée qui plafonne.
L’Allemagne a même enregistré une augmentation (symbolique) d’un gramme par KWh de ses émissions de carbone résultant de la production d’électricité entre 2024 et 2025 tout en ayant 58,5% de sa production qui provient des renouvelables, dont 47,2% pour les intermittents éoliens et solaires. Ces émissions sont passées de 334 grammes par KWh en 2024 à 335 grammes en 2025. Par comparaison, la France, dont la politique énergétique est tellement décriée par l’écologie politique qui prend en exemple l’Allemagne et prône des investissements massifs dans les ENRi, en est à 32 grammes de CO2 par KWh produit. Son électricité est décarbonée à 95% et est l’une des moins chères d’Europe. La France émet dix fois moins de carbone par kilowatt heure produit que l’Allemagne ! Et elle produit cette électricité décarbonée en surabondance sans devoir recourir aux centrales thermiques ou dépendre de ses voisins quand il n’y a pas de vent et de soleil.
Admettre la réalité
Mais l’opposition à l’énergie nucléaire est tellement constitutive de l’idéologie écologiste, en Allemagne comme en France, qu’admettre cette réalité est psychologiquement impossible pour les Verts. Autre illustration de l’impasse allemande, ce pays a été importateur net d’électricité en 2025 pour la troisième année consécutive, avec un solde import/export de 19TWh, ce qui est équivalent à la production de 3 réacteurs nucléaires de type Fessenheim… Dans le même temps et les mêmes conditions météorologiques, un peu moins froides en hiver et un peu plus ensoleillées en été, la France a battu elle un nouveau record de son solde import/export d’électricité à plus de 92TWh.
Rappelons qu’Emmanuel Macron a fait fermer définitivement les deux réacteurs de Fessenheim en Alsace, en parfait état, en 2020 pour satisfaire le lobby renouvelable et plus particulièrement Nicolas Hulot et aussi… le gouvernement allemand. Aujourd’hui le gouvernement Lecornu sous la pression du même lobby éolien tente par tous les moyens de promulguer une PPE3 (Programmation pluriannuelle de l’énergie version 3) qui stipule des investissements massifs dans les ENRi absolument inutiles et qui déstabiliseraient encore une peu plus notre système électrique.
Déstabilisation des réseaux
Il y a un problème de fond que ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre les lobbys renouvelables pour des raisons idéologiques et plus encore d’intérêts particuliers. Accumuler les moyens de production et les équipements ne les rend pas plus performants… au contraire. Car l’intermittence reste la même. Et quand il n’y a pas de vent et pas de soleil (à commencer par la nuit), la rentabilité de ses équipements est encore plus problématique. La production brute d’électricité renouvelable allemande stagne depuis plusieurs années et chaque gigawatt supplémentaire de capacité produit de moins en moins d’électricité utile.
L’éolien et le photovoltaïque sont intermittents, non pilotables, et contraints par la saturation des réseaux liée notamment au fait qu’ils produisent toujours trop… ou pas assez. Dans le premier cas, celui de la surproduction, ils déstabilisent et fragilisent les réseaux et les marchés en faisant s’effondrer les prix. En revanche, quand les renouvelables intermittents ne produisent pas les prix s’envolent. Et l’accumulation de nouveaux équipements ne règle pas le problème. Elle l’aggrave. Car elle contribue à faire encore baisser le facteur de charge des renouvelables intermittents, déjà très peu élevé (moins de 25% pour l’éolien terrestre et 15% pour le solaire photovoltaïque en France), à mesure que les meilleurs sites sont déjà occupés.
Subventionner l’électricité pour sauver l’industrie
L’Allemagne a eu beau continuer à développer massivement son parc éolien et solaire, elle a consommé plus de combustibles fossiles (charbon, lignite et gaz naturel) pour produire de l’électricité en 2025 qu’en 2024 ! Et au passage, ce qui n’est pas un hasard, le coût de l’électricité en Allemagne est le plus élevé en Europe. Ce qui tend à démontrer une fois de plus que les renouvelables intermittents poussent mécaniquement les prix de l’électricité à la hausse. Du fait des subventions dont ils bénéficient, de la nécessité d’investir massivement dans les réseaux électriques et de leur intermittence qui contraint à avoir des équipements de production d’électricité en réserve, dits pilotables, qu’il est très difficile de rentabiliser.
Les prix de l’électricité en Allemagne ont plus que doublé au cours des dix dernières années. En octobre 2025, ils étaient pour les particuliers les plus élevés en Europe à 40,35 euros du KWh en moyenne à comparer à 25,24 euros en France. Et la situation est la même pour les entreprises au point que l’Allemagne va maintenant subventionner l’électricité pour tenter de soutenir et même sauver son industrie.
40 centrales à gaz construites en urgence
Sans surprise, avec des prix aussi élevés, l’électrification des usages est à la traîne. Un rapport réalisé à la demande du gouvernement allemand par la société de conseil BET et l’Institut d’économie de l’énergie (EWI) de l’université de Cologne montre que l’électrification des usages dans les transports, l’industrie, le chauffage… n’est pas au rendez-vous, comme d’ailleurs en France et dans de nombreux autres pays européens. Les experts estiment que la consommation électrique de l’Allemagne se situera entre 600 et 700 térawattheures (TWh) à l’horizon 2030. En 2023, elle avait été estimée par le gouvernement et l’Agence fédérale des réseaux à 750 TWh.
L’Allemagne qui dépend donc encore beaucoup des centrales à charbon et au lignite (un charbon encore plus polluant et de mauvaise qualité) a fait le choix de passer au gaz naturel pour ses centrales thermiques afin de réduire, un peu, ses émissions de gaz à effet de serre. Mais comme il n’est plus question d’importer du gaz russe, elle importe massivement du GNL (Gaz naturel liquéfié), notamment américain, extrêmement cher… Elle devrait devenir d’ici la fin de la décennie le quatrième importateur mondial de GNL derrière la Corée du Sud, la Chine et le Japon. Et le gouvernement du chancelier Friedrich Merz a donc annoncé il y a quelques mois la construction en urgence dans le pays de 40 centrales à gaz.
Allemagne : le désastre de la transition climatique enfin reconnu par Merz Atlantico, Samuel Furfari, 16/01/2026
Longtemps érigée en modèle de transition énergétique, l’Allemagne se retrouve aujourd’hui confrontée aux conséquences lourdes de sa sortie du nucléaire. Hausse spectaculaire des coûts, fragilisation du tissu industriel, dépendance accrue aux importations d’énergie et vulnérabilité stratégique : les choix opérés au nom de l’idéologie antinucléaire ont profondément déséquilibré le système énergétique allemand. Alors que Friedrich Merz reconnaît désormais une « grave erreur stratégique », la question n’est plus seulement celle du constat, mais des marges de manœuvre encore possibles pour corriger une trajectoire engagée depuis plus de vingt ans, dans un contexte de besoins électriques croissants et de tensions géopolitiques durables.
Atlantico - En quoi la décision de l’Allemagne d’abandonner le nucléaire a‑t‑elle fragilisé sa sécurité énergétique et augmenté sa dépendance aux importations d’énergie ?
Samuel Furfari : L’énergie est le sang de l’économie : sans énergie, tout s’écroule. Or, depuis vingt à vingt‑cinq ans, l’Allemagne a cru qu’elle pouvait se passer de sources pilotables et que seule l’éolienne — et marginalement le solaire, malgré un ensoleillement faible — était acceptable. Cette monoculture éolienne s’est combinée à une idéologie de décroissance portée par les écologistes allemands.
Ce choix a entraîné des conséquences majeures : l’économie allemande est aujourd’hui paralysée, et les petites et moyennes entreprises en subissent de plein fouet les effets. Les grandes entreprises, notamment chimiques comme BASF, peuvent délocaliser en Inde, en Chine ou au Vietnam, où les coûts sont plus faibles et la régulation moins contraignante. Pour les PME, les salariés et les sous‑traitants, c’est une catastrophe.
Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas le gaz russe qui a provoqué la crise : elle était déjà enclenchée. Le gaz russe n’est d’ailleurs presque pas utilisé pour produire de l’électricité en Allemagne. Il sert surtout de matière première à l’industrie chimique et au chauffage domestique. Le problème électrique allemand vient donc exclusivement de choix politiques erronés et idéologiques — ce que certains responsables commencent seulement à reconnaître.
Pourquoi la transition énergétique allemande est‑elle considérée comme l’une des plus coûteuses au monde, et quels choix politiques ont contribué à ce surcoût ?
Samuel Furfari : L’Allemagne a voulu remplacer des centrales amorties et économiques — notamment nucléaires — simplement parce qu’elle rejetait le nucléaire et les énergies fossiles. Elle les a remplacées par des sources beaucoup plus coûteuses comme l’éolien et le solaire. L’Energiewende est devenue l’une des transitions les plus chères au monde. Les estimations varient entre 1 200 milliards et 5 400 milliards d’euros d’ici 2035. Rien que d’ici 2030, il faudrait investir plus de 700 milliards d’euros dans les énergies renouvelables, les réseaux et les systèmes de stockage.
Pendant ce temps, les prix de l’électricité pour les ménages ont augmenté de 145 % depuis 2000, et la dépendance au gaz est passée de 14% à 30%. Il n’y a pas de miracle en énergie : supprimer une énergie bon marché oblige à la remplacer par une énergie chère. L’éolien, en particulier, perturbe fortement le réseau électrique, ce qui augmente les coûts pour les consommateurs. La transition allemande repose donc sur un modèle structurellement plus onéreux.
À la lumière des propos de Friedrich Merz qualifiant l’abandon du nucléaire de “grave erreur stratégique”, quelles options réalistes l’Allemagne a‑t‑elle aujourd’hui pour corriger cette trajectoire énergétique ?
Samuel Furfari : En énergie, une erreur se paie sur des décennies. L’Allemagne a commis une erreur majeure en 2011 en décidant de sortir du nucléaire. Il a fallu attendre 2026 pour que Friedrich Merz l’admette publiquement, alors qu’il le savait déjà : mais le dire plus tôt lui aurait coûté politiquement.
La première mesure réaliste serait de stopper le démantèlement des centrales fermées en avril 2023 et d’en rétablir au moins deux ou trois. C’est encore faisable : certaines infrastructures, comme les tours de refroidissement, n’ont pas été détruites.
Deuxième impératif : dire la vérité. L’Allemagne aura besoin de beaucoup d’électricité, notamment avec les voitures électriques et l’essor de l’intelligence artificielle. Cette électricité ne peut pas venir de l’éolien. Il faut donc construire rapidement des centrales au gaz — ce que la Commission européenne s’apprête à autoriser, selon Merz. Il souligne d’ailleurs que l’hydrogène est un mirage, alors qu’on en parle encore beaucoup en France.
Troisième point : diversifier les approvisionnements en gaz. L’erreur allemande a été de dépendre du gaz russe pour l’industrie chimique, sans alternative. L’Allemagne corrige aujourd’hui cette erreur en multipliant les sources d’importation et en construisant des terminaux GNL en mer Baltique.
Enfin, un obstacle demeure : l’idéologie antinucléaire très présente à Bruxelles. Ursula von der Leyen n’est pas favorable au nucléaire, la vice‑présidente Teresa Ribera est ouvertement antinucléaire, le commissaire à l’Énergie, le danois Dan Jørgensen l’est également, tout comme le conseiller spécial Philippe Lamberts. Merz devrait porter ce débat à la Commission et l’inciter à reconnaître l’erreur comme lui‑même l’a fait.





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