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Brèves du 18/08/23 Conseil d'Etat - Guerre autour de l'énergie - Allemagne - Gigantisme éoliennes...

Dernière mise à jour : 19 août 2023

L'actualité ne s'arrête pas : quelques infos en attendant une rentrée qui s'annonce chargée.


- Une très bonne nouvelle pour nos amis de la Vienne avec le refus du projet de la Bussière.

Ce projet est à un peu plus de 10km de St Savin. (article NR en annexe) Pour info un autre projet, celui de Liglet avait été refusé pour la même raison. Il est à plus de 12km de St Savin

Un autre encore celui de Journet est en Conseil d'Etat, il a été refusé par le préfet, puis par la Cour d'appel de Bordeaux en février 23. Il est situé à 18km de St Savin, mais selon le président de la Fédération Vienne Environnement Durable FVED, le Conseil d'Etat devrait confirmer la décision de la CAA de Bordeaux.

Ce sont des éléments importants pour tous ceux qui sont à proximité de zones UNESCO, notamment Auzouer en Indre et Loire. La distance n'est pas le critère à retenir mais la covisibilité

Vienne, les éoliennes proches de l’abbaye de Saint-Savin (La Bussière) retoquées en Conseil d’État

Publié le 15/08/2023 à 19:32 | Mis à jour le 15/08/2023 à 19:32

Le monument classé au patrimoine mondial de l’Unesco marque un point devant la

justice contre le projet éolien de La Bussière.

Dans le contentieux qui met aux prises le projet de parc éolien de la Bussière et l’abbaye de SaintSavin, la balance penche désormais sérieusement en faveur du monument historique. Le Conseil d’État vient en effet de rendre une décision qui hypothèque largement l’avenir de ce complexe de six éoliennes de 170 à 180 mètres de haut, prévu pour s’élever sur le territoire de la commune de La Bussière. Cette décision intervient après un premier refus opposé par la préfète de la Vienne en 2019 puis la confirmation de cette décision par la cour administrative d’appel de Bordeaux, en 2022. Autant de décisions motivées par l’application des mesures de protection dont bénéficient l’abbaye de SaintSavin et sa flèche gothique culminant à 77 mètres, inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1983.

Le porteur du projet juge l’abbaye éloignée

La société Ferme éolienne de la Bussière avait pourtant tenté de faire valoir auprès du Conseil d’État que « le site d’implantation du projet était entouré de terres agricoles dépourvues de caractère remarquable et ne recoupait aucun périmètre d’un site inscrit ou classé, l’abbaye de Saint-Savin étant trop éloignée pour devoir être prise en considération ».

Le porteur du projet avait également tenté de contester le fait que les juges de la cour d’appel s’étaient fondés sur « l’impact d’autres parcs éoliens installés à une altitude et dans un angle visuel différent par rapport à l’abbaye de Saint-Savin en concluant à une covisibilité du parc projeté avec la flèche de l’abbaye en dépit de la distance les séparant et de la topographie des lieux ».

Une victoire pour les opposants

Aucun de ces arguments n’a convaincu le Conseil d’État, qui a donc rejeté le pourvoi de la société.

Une victoire qui devrait combler les membres de l’Association de défense de l’environnement de Paizay et des alentours (Adepa) et l’Association pour la préservation de l’environnement, des paysages, du patrimoine et la santé des habitants de Saint-Pierre de Maillé et des communes avoisinantes (Apeps), opposés de longue date au projet.


- Un article extrêmement pragmatique de Transitions et Énergies. A lire absolument car des groupes de pressions écologistes irréalistes et certains médias sont dans ce délire incantatoire décrit dans l'article. La pauvreté et la précarité sont au bout du chemin...

Pour devenir plus populaire, l’Agence internationale de l’énergie a choisi de prendre ses désirs pour la réalité

L’AIE (Agence internationale de l’énergie) est depuis 49 ans une autorité dans le monde de l’énergie. Le problème est qu’elle a suivi depuis quelques années la voie de nombreuses institutions internationales et même nationales quand il s’agit de construire des scénarios de transition énergétique. Le militantisme et le volontarisme ont pris le pas sur le réel, ce qui a conduit à l’élaboration de scénarios et d’hypothèses de plus en plus improbables. Comme par exemple, le fait, pour parvenir à « net zéro » émissions de gaz à effet de serre en 2050, que la consommation et les prix des énergies fossiles vont baisser rapidement et naturellement dès 2030…

L’Agence internationale de l’énergie (AIE), basée à Paris, est une institution internationale fondée en 1974 au sein de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) avec pour mission de travailler à la sécurité d’approvisionnement en énergie. Dans un discours devenu célèbre de décembre 1973, baptisé Pilgrim Speech, Henry Kissinger, alors Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, se proposait d’apporter une réponse au choc pétrolier qui était « la garantie de l’approvisionnement en énergie nécessaire à un coût raisonnable ».

L’AIE était un outil de cet engagement. L’institution a pendant longtemps été caractérisée par le caractère particulièrement austère de ses rapports, par une réticence certaine envers la transition énergétique et un attachement à la sécurité des approvisionnements pétroliers. Ce qui lui a été reproché. Mais au cours des dernières années, elle a changé totalement de doctrine au point de devenir un fer de lance de la transition et des objectifs de décarbonation accélérée. Le problème, est qu’en passant d’un extrême à l’autre, l’institution a parfois perdu pied avec le réel. Elle pratique maintenant assez souvent la méthode Coué. Sa feuille de route pour parvenir au fameux « net zéro » émissions en 2050 (Net Zero by 2050: A Roadmap for the Global Energy Sector) publié en 2021 et depuis plusieurs fois actualisé présente de très, trop, nombreuses failles méthodologiques. Comme si les hypothèses avaient été choisies en fonction du résultat à atteindre et pas de la réalité.

«Des hypothèses irréalistes, incohérentes… »

Ces failles sont notamment détaillées dans une étude publiée récemment aux Etats-Unis par la Energy Policy Research Foundation. Une organisation encore plus ancienne que l’Agence internationale de l’énergie qui a été elle fondée en 1944. Son document est sans appel. « Les hypothèses de l’AIE sont irréalistes, incohérentes et soutiennent souvent les arguments en faveur d’une augmentation de la production d’hydrocarbures. En réalité, la feuille de route zéro net de l’AIE est un mirage vert qui augmentera considérablement les coûts de l’énergie, dévastera les économies occidentales et augmentera les souffrances humaines ».

L’hypothèse fondamentale qui sous-tend la feuille de route zéro net de l’AIE est que la supériorité des alternatives aux hydrocarbures, notamment en termes de coûts – principalement l’éolien et le solaire (le nucléaire est à peine pris en compte) – entraînera une diminution de la demande de charbon, de pétrole (peak oil) et de gaz naturel.

Une baisse de la demande et des prix des hydrocarbures qui ne correspond en rien à la réalité

Le problème est que l’hypothèse de l’AIE d’une baisse rapide de la consommation d’énergies fossiles ne correspond pas du tout à la réalité actuelle. La demande d’énergies fossiles, y compris même de charbon, ne cesse de croître. Et pourtant, à partir de cette hypothèse l’AIE échafaude un scénario de baisse des prix des hydrocarbures. Le baril de pétrole descendrait à 35 dollars en 2030 (moins de la moitié de son prix actuel) ; et, pour le gaz naturel, à 2,1 dollars par million de Btu (MMBtu) aux États-Unis et 2,0 dollars dans l’Union Européenne en 2030. Des prévisions d’autant plus problématiques qu’une forte baisse des investissements dans les énergies fossiles ne peut que restreindre l’offre et faire monter les prix. Ce qui n’est pas forcément ce que souhaite ou anticipe l’AIE.

Bannir les investissements dans les hydrocarbures est le meilleur moyen de ne pas parvenir à zéro net émissions en 2050

Une partie du problème vient du fait que selon l’AIE les partisans du scénario « zéro net » auraient mal interprété, à dessin ou pas, sa position selon laquelle il ne faut plus investir dans de nouveaux gisements de pétrole et de gaz. Cela a entraîné de nombreux appels visant tout simplement à bannir tout investissement dans les fossiles pour réduire progressivement l’offre de pétrole et de gaz, faire monter les prix et ainsi restreindre la consommation par la destruction de la demande. Ce qui n’est pas du tout le scénario de l’Agence.

Elle souligne, elle-même tardivement, les conséquences désastreuses que pourrait avoir une réduction trop rapide de l’offre de pétrole et de gaz. « Réduire les investissements dans les combustibles fossiles avant, ou à la place, d’une action politique et d’une demande d’énergie propre n’aboutirait pas aux mêmes résultats que dans le scénario Net Zero Emission » met en garde l’AIE dans son World Energy Outlook 2022. « Si l’offre devait évoluer plus rapidement que la demande, avec une baisse des investissements dans les combustibles fossiles précédant une montée en puissance des technologies propres, cela conduirait à des prix beaucoup plus élevés, peut-être pour une période prolongée ».

Incohérence économique entre des investissements massifs, de l’énergie plus chère et une forte croissance économique

La thèse centrale de l’AIE est que le coût relatif des renouvelables, éolien et solaire, « donnent à l’électrification l’avantage dans la course vers net zéro » car « les technologies d’énergies renouvelables sont toujours moins chères »., Pourtant, les propres chiffres de l’AIE démontrent les problèmes liés à son scénario tout renouvelable, son équilibre économique et son financement. Il nécessite la mobilisation pendant trois décennies de quantités considérables de capital, de main-d’œuvre et de surfaces pour produire moins d’énergie.

Aucune théorie économique ne peut démontrer que l’augmentation des besoins en surfaces terrestres et maritimes, en travail et en capital pour une production moindre peut déboucher sur une croissance économique durable. Au contraire, cela correspond plutôt aux difficultés macroéconomiques actuelles, caractérisées par une inflation élevée et une croissance faible.

La souveraineté énergétique et la sécurité d’approvisionnement n’existent pas

Plus étonnant encore, puisque l’AIE a justement vu le jour pour prendre en compte cette dimension, la question géopolitique de souveraineté énergétique et de sécurité d’approvisionnement est traitée avec désinvolture. Les conséquences de l’invasion de l’Ukraine en février 2022 par la Russie sont pourtant venues rappeler la nécessité d’assurer pour les Etats leur sécurité d’approvisionnement énergétique. Une question qui n’existe presque pas pour l’AIE.

C’est notamment flagrant quand dans la feuille de route « net zéro » la part du marché mondial du pétrole détenue par l’Opep passerait de 37% à 52% en 2050. Ce qui selon même l’AIE serait un niveau de contrôle du marché « plus élevé qu’à n’importe quel moment de l’histoire des marchés pétroliers ». Ce qui au passage est totalement incohérent avec une baisse tendancielle des prix du pétrole tant l’existence même de l’Opep répond à la volonté des pays producteurs de contrôler les prix du baril et de les maintenir à un niveau élevé. Et encore, il existe un scénario encore plus problématique. Si les producteurs non membres de l’Opep – sous la pression des investisseurs socialement responsables – suivent le profil « net zéro » et réduisent fortement leur production de pétrole tandis que les producteurs de l’Opep maintiennent leurs niveaux d’investissements, la part de l’Opep dans la production mondiale pourrait même atteindre le chiffre stupéfiant de 82% d’ici à 2050, un quasi-monopole détenu par un cartel.

L’objectif de la transition énergétique est simple à définir. Il consiste à substituer des énergies bas carbone aux carburants fossiles. Mais pour y parvenir faut-il encore le faire de façon réaliste et ordonnée. Détruire l’ancienne économie avant d’avoir construit la nouvelle et appauvrir ainsi les populations et les pays est la meilleure façon de ne pas réussir la transition. Il ne faut pas non plus perdre de vue que pendant encore quelques décennies, qu’on le veuille ou non les énergies bas carbone vont nécessiter un approvisionnement en carburants fossiles à des coûts acceptables pour être développées et pour la fabrication, le transport et l’installation des nouveaux équipements.

Le problème avec la transition énergétique est toujours le même : le volontarisme qui est à la fois populaire et médiatique est compréhensible mais dangereux. Notamment, s’il ne tient pas compte du réel parce qu’il crée des illusions sur la rapidité à laquelle peut être menée la transition et sur son coût économique et social. Ce n’est surtout pas la mission de l’AIE d’alimenter ses illusions…


- Une interview de F Bouglé qui sortira mi septembre un livre tout à fait d'actualité sur la guerre autour de l'énergie

La guerre de l’énergie est une notion qui s’est répandue dans le paysage audiovisuel. Pour Fabien Bouglé, l’énergie sera l’élément au centre de la troisième guerre mondiale.

Portail de l’IE (PIE) : Vous avez écrit deux ouvrages consacrés à la thématique énergétique, le premier sur les éoliennes et le second sur le nucléaire. Quels éléments marquants vous ont poussé à vous intéresser au secteur énergétique puis à critiquer vivement l’énergie éolienne ?

Fabien Bouglé (FB) : Il y a 15 ans, alors que je procédais à la restauration d’une maison en Normandie j’ai découvert par hasard l’existence d’un projet de 13 éoliennes dont les plus proches étaient à 800 m. Cet évènement m’a profondément interrogé et m’a conduit à enquêter plus en détails sur la filière éolienne et par extension sur l’ensemble de la filière énergétique. Dans le cadre de ce projet j’ai pu constater que les éoliennes étaient entachées de prises illégales d’intérêt. Juriste et ancien officier de réserve de gendarmerie, j’ai constaté que cette situation était systématique : les élus installaient les éoliennes sur leurs parcelles ou celles de leur famille tout en participant aux délibérations municipales sur le sujet. Alors que j’étais en relation avec le SCPC (Service central de prévention de la corruption du Ministère de la Justice), celui-ci a émis en 2014 dans son rapport d’activité une alerte sur la multiplication des atteintes à la probité dans le domaine de l’éolien.

Plus tard, dans le cadre du projet d’installation de 66 éoliennes entre les Îles d’Yeu et Noirmoutier, j’ai dévoilé les tarifs de rachat de l’électricité provenant des éoliennes en mer qui avaient un niveau de subvention à 220€ le MWh alors que prix spot du marché était à l’époque à 45€. La différence entre ces deux niveaux de prix se chiffrait au total à 40 milliards d’euros de subvention. Ces révélations ont contraint le gouvernement à renégocier les tarifs de rachat et le Président Emmanuel Macron avait annoncé en juin 2018 une baisse du tarif de rachat de 220€ à 180€ le MWh raccordement compris.

En 2019, le député Julien Aubert [député LR du Vaucluse de 2012 à 2022, ndlr] – que j’avais alerté sur le sujet – a obtenu du groupe LR l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur les éoliennes et les énergies intermittentes. La publication de ses travaux était une occasion parfaitement adaptée pour sortir un livre reprenant l’ensemble des informations occultées sur les éoliennes. Nous avons donc convenu avec les Editions du Rocher, de sortir mon premier manuscrit Éolienne : la face noire de la transition écologique en octobre 2019. L’objectif de cet ouvrage était de faire le tour d’horizon de la question des éoliennes tant du point de vue de l’écologie que celui des finances ou encore de la Mafia. Mais lors de conférences que je donnais en France, j’avais très souvent des questions sur le nucléaire. Je me suis alors aperçu qu’il y avait un vrai problème de biais cognitifs et d’informations biaisées sur le nucléaire. Pendant la crise sanitaire j’ai profité du temps disponible pour rédiger mon second ouvrage intitulé Nucléaire : les vérités cachées qui vise à mettre en lumière les vertus de cette source d’électricité sans occulter la question des déchets radioactifs. C’ est la suite de mon premier livre car on ne peut pas parler du sujet du mix électrique basé sur des éoliennes censées remplacer le nucléaire si l’on ne comprenait pas en même temps la question du nucléaire.

PIE : Vous opposez l’énergie éolienne et l’énergie nucléaire, pourquoi ? Qu’est-ce qui les rend incompatibles selon vous ?

FB : Il y a plusieurs raisons à cela. Ces raisons sont d’ordre technique, économique et géopolitique.

Pour ce qui est de la raison technique, la France, avec le Plan Messmer en 1974, a choisi d’investir massivement dans le nucléaire afin de diminuer notre dépendance aux énergies fossiles. On construit dès lors un mix électrique basé sur les centrales nucléaires qui vont offrir une électricité massive, abondante et lors des pics de consommation on se sert des centrales hydrauliques et en dernier recours des centrales fossiles. Avec ce mix électrique, la production est très stable. Alors que les éoliennes, étant intermittentes, sont sources de deux problèmes importants. Premièrement, les unités de production sont de 2 Mégawatts (contre 900 à 1650 Mégawatts pour une centrale nucléaire), qui vont être disséminées sur tout le territoire. Ceci oblige le réseau électrique à se répartir sur le territoire avec une multitude de lignes à haute tension. Ainsi, les éoliennes nécessitent de modifier en profondeur le réseau électrique.

D’après Xavier Piechaczyk, le président de RTE, le développement du renouvelable coûtera 100 milliards d’euros rien que pour l’adaptation du réseau électrique. Ce coût est notamment dû à l’enfouissement de certaines lignes à haute tension ainsi qu’à la création de nouvelles lignes. C’est justement afin de financer ces infrastructures que les Français voient encore augmenter leur facture de 10%. Outre l’augmentation du prix de marché de l’électricité, cette hausse est due également à l’augmentation du TURPE [Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité] qui est prélevé au consommateur sur leurs factures pour financer ces raccordements. Il est important de se souvenir que c’est Xavier Piechaczyk qui avait été l’un des artisans de la loi sur la baisse de la part du nucléaire à 50%. Il avait pour directeur de cabinet adjoint Pauline Le Bertre, ancienne déléguée générale de France Energie Eolienne, la structure qui sert de lobby aux exploitants éoliens.

D’autres part, il est obligatoire d’avoir des systèmes d’équilibrage car la production des éoliennes dépend du vent dont la puissance est très variable. En plus de la problématique de réseau, s’ajoute celle de l’intermittence qui nécessite des centrales fossiles au gaz ou au charbon pour venir compléter la production des éoliennes lorsqu’elles ne tournent pas en raison d’une absence de vent.

Du point de vue économique, la France est l’un des leaders mondiaux du nucléaire qui est sa troisième filière industrielle. On parle ici de 220.000 emplois directs et indirects et de 400.000 emplois en incluant les emplois induits. Le nucléaire permet à la France de bénéficier d’une électricité à bas coût ce qui facilite la compétitivité de nos entreprises et de nos industries tout en assurant aux français une facture électrique peu élevée.

L’installation de l’éolien dans notre mix électrique ne bénéficie pas à l’économie française. Aucune des éoliennes n’est fabriquée en France : 65% des éoliennes installées en France sont allemandes et 30% sont danoises. En outre, 45 % des sociétés d’exploitation électrique de ces éoliennes sont allemandes. Alors que le nucléaire est pour l’essentiel français, le remplacement du nucléaire français par une filière éolienne allemande creuse le déficit commercial de la France et modifie la gouvernance de notre système énergétique. Nous avons donc une situation où l’on détruit une filière économique dans laquelle la France se classe parmi les leaders au profit d’une filière dans laquelle on ne dispose d’aucun acteur.

Du point de vue géopolitique, la volonté de développer l’éolien cache l’objectif des Allemands de s’approprier la souveraineté énergétique en Europe en imposant son modèle d’énergies intermittentes au travers de l’Energiewende. Au début des années 2000 Gerhard Schröder promulgue la loi EEG de déploiement des énergies intermittentes (éoliennes et solaire). Pour pallier l’intermittence des éoliennes, l’Allemagne cherche alors à faciliter son approvisionnement en gaz russe pour minimiser sa consommation de charbon. C’est pourquoi elle tenait si fermement à la construction des gazoducs Nord Stream 1 et 2 afin de devenir le hub de distribution du gaz russe en Europe. L’objectif allemand était de contrôler le marché des éoliennes en Europe tout en s’assurant la maîtrise européenne du gaz Russe. Pour ce faire et imposer son modèle économique, Berlin va d’une part propager son idéologie avec une infiltration des institutions européennes dans le domaine énergétique et s’assurer d’autre part de la destruction économique, géopolitique et intellectuelle du nucléaire français au travers d’opérations de guerres informationnelles déployées en France depuis 25 ans.

PIE : D’après vous, quelles sont les conséquences de cette incompatibilité sur la stratégie énergétique française ?

FB : Au vu des points évoqués précédemment, il n’est pas possible de faire du en même temps entre le nucléaire et l’énergie éolienne. Il est important de se rendre compte que l’éolien est un outil de guerre contre le nucléaire français. Nous sommes dans une situation de guerre économique entre deux modèles concurrents et incompatibles, l’Energiewende allemand et le nucléaire français.

Ces modèles étant incompatibles, nous sommes obligés d’en choisir un et d’en écarter un autre. Ce choix nécessite une lucidité de nos politiques sur les points évoqués précédemment ainsi que sur la situation actuelle qui ne peut être envisagée que comme une guerre énergétique. Cette incompatibilité se traduit par une hostilité de pays européens comme l’Allemagne ou l’Autriche. Récemment notre Ministre de l’Energie Agnès Pannier-Runacher, a été exclue des discussions sur les énergies renouvelables lors de la première rencontre du « club des renouvelables ». En effet, aux yeux des pays hostiles au nucléaire, la demande de la France d’intégrer le nucléaire dans la loi sur les énergies renouvelables est une action anti-renouvelable de la part de l’Hexagone.

Malheureusement, le concept de “couple franco-allemand”, encore dans l’esprit de nos dirigeants, entraîne un manque de lucidité face à la situation que nous traversons aujourd’hui. Il est difficile pour ces derniers d’admettre et de reconnaître l’attitude belliqueuse voire prédatrice de l’Allemagne envers la France.

PIE : Le prix de l’énergie n’a jamais été aussi haut. Les entreprises énergétiques dans le monde enregistrent, telles que Total Energies, des niveaux de rentabilité exceptionnels et pourtant EDF dévoile de son côté un bilan calamiteux. Comment expliquez-vous cela ?

FB : Cela est dû au fait de l’explosion du prix des énergies fossiles depuis 2021, surtout celui du gaz qui s’explique par plusieurs raisons. En premier lieu, l’augmentation importante de la demande par la Chine. La deuxième raison est qu’il y a eu cette année-là une baisse historique de la vitesse des vents en Europe depuis 43 ans. Selon l’Institut Copernicus de la Commission Européenne, cette baisse a causé une réduction de la production de l’électricité par les éoliennes en Europe occidentale. Cette baisse a logiquement dû être compensée par une plus grande importation d’énergie fossile (charbon pétrole et gaz) ce qui a contribué à l’augmentation de la demande et donc in fine du prix du gaz. L’augmentation du prix du gaz a ensuite été accentuée par la guerre en Ukraine, les sanctions énergétiques de la Russie et le sabotage de Nord Stream qui a rendu l’accès au gaz plus difficile (et donc plus coûteux) aux pays européens. Tous ces éléments font que les gaziers comme Engie ou Total Energies ont engrangé des revenus considérables. La guerre économique de l’Europe contre la Russie a eu pour conséquence une augmentation de la facture de gaz de l’Europe qui est passée de 120 milliards de dollars en 2021 à 400 milliards de dollars en 2022.

De son côté, EDF est une entreprise d’électricité et la conjoncture n’était pas du tout la même. En effet, en 2022, le tarif spot moyen de l’électricité a augmenté du fait de l’augmentation du prix du gaz car au sein de l’UE, le prix de l’électricité est indexé sur l’unité de production la plus chère. Cela aurait pu être plus profitable pour EDF mais l’autorité de sûreté nucléaire (ASN), a estimé que les corrosions observées pourraient poser des problèmes de sécurité dans l’hypothèse où les réacteurs seraient arrêtés. Cela a conduit à l’arrêt d’un nombre très important de réacteurs nucléaires causant la perte de près de 80 TWh de production électrique. Cette baisse de production a ainsi entraîné un manque à gagner considérable alors que le prix spot était très élevé en 2022 (275 euros le MWh).

Ajouté à cela, l’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique (ARENH) oblige EDF à vendre une partie importante de son électricité (120 TWh soit ¼ de la production) à un prix cassé (à 42€ le MWh) à des concurrents ce qui crée aussi un manque à gagner. En revanche, lorsque c’est EDF qui achète de l’électricité d’origine éolienne, il lui est interdit de la revendre au prix spot du marché. Elle doit seulement se contenter d’une petite marge.

L’ensemble de ces mécanismes : l’ARENH, la non-disponibilité de certains réacteurs nucléaires et l’impossibilité de revendre sur le marché la production d’éolienne subventionnée fait qu’EDF a perdu énormément d’argent et l’a conduit à avoir un déficit de 17,9 milliards en 2022 et une dette historique de 65 milliards d’euros. Cette fragilisation d’EDF faisait partie du plan de l’Allemagne, comme l’a dit Henri Proglio, l’ancien PDG d’EDF lors de la commission d’enquête parlementaire : « L’obsession des Allemands depuis 30 ans, c’est la désintégration d’EDF. Ils ont réussi ! »

PIE : A quelles autres stratégies étaient liées le dénigrement du nucléaire ?

FB : Il est important de signaler que le dénigrement du nucléaire s’est accompagné de la valorisation de l’éolien. Il y avait l’intention de discréditer le nucléaire afin de créer un appel d’air pour l’éolien en prenant bien soin de ne pas mentionner que l’installation d’éoliennes s’accompagne de l’utilisation d’énergies fossiles telles que le gaz ou le charbon. Cet oubli volontaire avait pour objectif de masquer l’absurdité écologique de l’énergie éolienne.

PIE : Quelles formes cette guerre de l’information a-t-elle pris ?

FB : Cette guerre de l’information s’est traduite par une utilisation massive des catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima. Et ce, bien que les centrales françaises soient très différentes et beaucoup plus avancées et sécurisées que les centrales soviétiques de l’époque et aussi localisées à des emplacements bien éloignés de failles sismiques comparables à celles que l’on peut trouver au Japon. Dans un esprit de malhonnêteté et de tromperie, certains acteurs voulaient que la population associe l’eau sortant des tours aéroréfrigérantes à une pollution alors qu’il s’agit simplement du système de refroidissement du condenseur qui ne diffuse aucune sorte de pollution.

Ces attaques informationnelles sont couplées à des opérations de terrain comme Greenpeace qui lançait des drones sur des centrales nucléaires ou encore des opérations d’intrusion. L’ensemble de ces actions ont contribué à créer un climat anxiogène autour du nucléaire. Corrélativement, ces acteurs proposent des alternatives avec l’éolien. On ne peut pas comprendre les opérations de ces 20 dernières années de dénigrement du nucléaire sans comprendre que ces actions sont la double face d’une même opération. Politiquement, cela a commencé avec le gouvernement de la gauche plurielle, lorsque Lionel Jospin doit s’allier aux Verts, anti-nucléaires, qui viennent d’émerger politiquement. Il ne pouvait pas avoir de majorité s’il n’avait pas leur appui. C’est à ce moment-là qu’intervient la double opération : on ferme Superphénix qui permettait de produire de l’électricité avec les déchets des autres centrales, on dénigre politiquement le nucléaire, on renonce à construire de nouveaux réacteurs et enfin on assiste en 2001 au subventionnement d’éoliennes en France avec l’arrêt Cochet. Il y a un phénomène de double détente avec la destruction du nucléaire politiquement et médiatiquement couplé à la valorisation de l’éolien, présenté par Greenpeace comme idyllique. Sur le site de l’officine antinucléaire les éoliennes sont présentées comme “un bouquet de fleurs pour la transition énergétique”.

PIE : Dans cette guerre, quels ont été les relais ? Qui sont les alliés et les ennemis du nucléaire français sous les angles sociétaux, politiques et économiques ?

FB : Dans les années 90 et 2000, il y a un essor important d’associations et d’ONG environnementales comme WWF et Greenpeace qui ont une grande notoriété. Ils sont le ressort des ONG anti-nucléaires qui jouissent d’une bonne cote de popularité. Ce sont elles qui ont été les principaux relais de l’idéologie anti-nucléaire et ce, en étant financées par des organisations mondiales pro-éoliennes. C’est-à-dire qu’elle s’attaque au nucléaire tout en recevant de l’argent d’organisations mondiales ainsi que de fabricants d’éoliennes comme l’entreprise danoise Vestas premier fabricant mondial.

Ici, les ennemis du nucléaire français sous l’angle sociétal sont principalement les ONG comme WWF, Greenpeace et les Amis de la Terre qui d’ailleurs sont toutes financées par la fondation Rockefeller créée par les géants du pétrolier Esso puis Exxon.

Sous l’angle politique, il s’agit des partis tels que EELV en France, les Grünen en Allemagne, très liés aux ONG mentionnées plus haut. S’y ajoutent les fondations allemandes comme Henrich Boll ou Rosa Luxembourg qui viennent financer d’autres structures que les ONG comme Sortir du Nucléaire ou Réseaux Action Climat nébuleuse regroupant WWF et Greenpeace. L’organisation anti-nucléaire et pro éolienne Négawatt en France est financée par les gaziers et les promoteurs éoliens. On peut aussi citer l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) qui est devenue le lieu d’infiltration des mouvements anti-nucléaires et pro-éoliens au sein de nos institutions.

Un autre opérateur de cette guerre énergétique est l’Office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE) qui est un lobby allemand dont le siège est à Berlin, au siège du ministère fédéral de l’économie allemande et qui dispose d’un bureau au ministère français de l’Ecologie à la Direction Générale de l’Energie et du Climat, c’est-à-dire la direction chargée de la politique énergétique de la France. Greenpeace et WWF sont membres de cet organisme installé dans nos ministères. Il y a clairement une infiltration toujours en cours de nos institutions par la filière éolienne et le mouvement anti-nucléaire. Pour finir avec l’angle politique on peut citer des personnalités françaises, deux anciennes ministres de l’écologie: Corinne Lepage qui a tout fait pour faire fermer Superphénix et Dominique Voynet, qui de son propre aveu a menti et manipulé son Gouvernement pour faire en sorte que le nucléaire ne soit pas retenu au titre des énergies d’avenir de l’Union Européenne, l’ancêtre de l’actuelle taxonomie.

Sous l’angle économique, les principaux adversaires du nucléaire français sont clairement les fabricants d’éoliennes ainsi que les gaziers et pétroliers.

PIE : Vous publiez en septembre un ouvrage sur la guerre de l’énergie. Quelle valeur ajoutée apportez-vous au traitement de cette thématique, que ne traitent pas déjà les ouvrages existants ?

FB : Je dirai que jamais dans l’histoire de l’humanité l’énergie n’avait été autant au cœur d’une guerre mondiale. Selon moi, l’énergie est aujourd’hui l’enjeu, la cause et l’arme de cette guerre. Ma position est que la troisième guerre mondiale est une guerre de l’énergie car on l’utilise pour mener la guerre, mais on fait cette guerre aussi pour s’assurer le contrôle des systèmes énergétiques. La première guerre mondiale était une guerre territoriale, la seconde une guerre idéologique, la troisième est une guerre énergétique.

Aujourd’hui la guerre est hybride, asymétrique, militaire, informatique, biologique, alimentaire… En somme, elle est multiface. Selon moi, la guerre en Ukraine représente la partie militaire d’une guerre beaucoup plus importante qui est la guerre mondiale de l’énergie. Car le contrôle de l’énergie domine tout. Le pays qui contrôle l’énergie contrôle politiquement et économiquement les pays qui en ont besoin. Nous assistons donc à la première guerre mondiale de l’énergie. Par le passé, il y a déjà eu des batailles de l’énergie (guerre en Irak…) mais ce n’étaient pas des guerres au retentissement international. Nous assistons véritablement à un conflit mondial d’une nouvelle intensité.

Avec ce livre, je souhaite apporter un nouvel éclairage qui place la guerre de l’énergie au cœur du nouveau conflit mondial mais aussi alerter les pouvoirs publics qui semblent dépassés par le sujet. Comme les autres, il a pour objectif d’apporter des clés de lecture et des aides à la compréhension des évènements à destination des citoyens comme des gouvernants; c’est bien là sa spécificité. Plusieurs livres s’intéressent à la guerre de l’énergie au Moyen-Orient ou dans d’autres régions du monde, mais je souhaite aborder la guerre de l’énergie comme un phénomène désormais global qui donne lieu à ce nouveau conflit mondial. C’est pour cela que je parle de troisième guerre mondiale de l’énergie qui selon moi a éclaté au grand jour avec le sabotage de Nord Stream le 26 septembre 2022. C’est l’élément déclencheur qui est symboliquement très puissant. On pourrait comparer cet évènement à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à l’aube de la Première guerre mondiale. Ce n’est pas une déclaration de guerre à proprement parler mais une officialisation de la guerre. Ainsi le 26 septembre prochain marquera le premier anniversaire de l’officialisation de la guerre mondiale de l’énergie. C’est donc ce moment précis que j’ai choisi pour la sortie de ce nouveau livre.

PIE : Comment cette guerre se caractérise-t-elle en France et en Europe ?

FB : Elle se caractérisera de plusieurs façons. Elle sera à la fois intra-européenne et extra-européenne. Nous avons d’abord une confrontation énergétique violente entre un Empire américain et un Empire russe et dont la guerre en Ukraine est la face émergée de l’iceberg. Cette guerre place l’Europe en situation de faiblesse dans la mesure où elle est très dépendante de ces fournisseurs d’énergies. Cette vassalisation énergétique de l’Europe conduit à une autre confrontation avec un affrontement entre l’énergie nucléaire, soutenue par la France et ses alliés, et le couple gaz/charbon-éolien, soutenu par l’Allemagne et ses alliés.

PIE : Dans ce contexte, quelles sont la suite pour la France et l’Europe ?

FB : Pour comprendre les problématiques énergétiques de notre pays, il faut revenir aux fondamentaux historiques qui ont construit notre histoire depuis 70 ans. Les apprentissages de l’Histoire doivent guider notre réflexion et en particulier la place qu’a occupé l’atome dans la création de la Communauté Européenne en 1957. L’industrie nucléaire a été au cœur de la création de l’Union Européenne avec la signature du traité Euratom signé le même jour que le traité de Rome créant la CEE. Remettre en cause la place de l’énergie atomique en Europe, c’est remettre en cause la construction européenne mise en place pour assurer la paix. Le développement du nucléaire constitue donc une nécessité vitale pour la paix en Europe et dans le Monde. C’est dans ce sens que dans le prochain ouvrage, sont proposées certaines pistes pour une réforme du système énergétique européen.

Propos recueillis par Mathéo Quenault


- Le patron D'EON firme allemande (dans le top 10 des champions de l'énergie en Europe) interpelle le gouvernement allemand « L’Allemagne ferait bien d’être prudente quand elle essaye d’imposer sa voie à tout le monde ».

Une déclaration pleine de bon sens!

En dépit de l’échec patent de sa stratégie de transition énergétique (Energiewende) qui a engloutit 600 milliards d’euros, a renchéri considérablement les prix de l’électricité, a eu un impact limité sur ses émissions de gaz à effet de serre et a rendu le pays totalement dépendant du gaz russe, l’Allemagne continue, avec l’aide des institutions européennes, a vouloir imposer son modèle à tous les pays de l’Union. Elle s’en prend pour cela sans cesse à la stratégie énergétique française et plus particulièrement ses ambitions nucléaires. Au point que même le patron du tout puissant groupe énergétique allemand E.ON vient de déclarer que Berlin avait peut-être mieux à faire…

Une critique aussi directe de la politique énergétique allemande est assez inhabituelle quand elle provient d’un acteur aussi central dans l’énergie outre-Rhin qu’E.ON. La Cour des comptes allemande a déjà bien sûr dans le passé dénoncé la fameuse révolution énergétique allemande (Energiewende), le modèle que veulent toujours imposer les institutions européennes, considérant que c’est un véritable échec en terme économique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais cela a eu un impact limité sur des options avant tout idéologiques que même la dépendance allemande extrême et volontaire au gaz russe n’a pas vraiment ébranlé après l’invasion de l’Ukraine par le régime de Poutine. L’Allemagne a continué comme si de rien n’était à saboter à Bruxelles systématiquement la stratégie énergétique française et avant tout ses ambitions nucléaires.

Au point que cette fois le patron d’E.ON, Leonhard Birnbaum, a expliqué que Berlin avait peut-être mieux à faire. « L’Allemagne ferait bien d’être prudente quand elle essaye d’imposer sa voie à tout le monde » a-t-il déclaré en marge d’une conférence organisée par le Financial Times.

L’Allemagne importe à nouveau de l’électricité nucléaire française

« Il serait mieux pour tout le monde si les deux pays abordaient le conflit dans l’esprit que chacun fait sa part… Les Français ne pourront pas nous persuader d’utiliser le nucléaire comme nous ne pourrons pas les persuader de ne pas le faire. C’est pourquoi je pense que nous devrions adopter une approche différente dans cette discussion (…) en travaillant ensemble », a-t-il ajouté. E.ON, détenait l’un des trois derniers réacteurs nucléaires allemande définitivement arrêté cette année.

Leonhard Birnbaum a même été plus loin en soulignant que l’énergie nucléaire française allait faciliter le passage vers un mix électrique renouvelable en Allemagne. Depuis la fermeture des dernières centrales nucléaires, le pays est importateur net d’électricité quand la France est redevenue le premier exportateur européen.

Agnès Pannier-Runacher, la ministre française de la Transition écologique, moquait récemment dans un le Handelsblatt, un quotidien allemand, la « contradiction qui consiste à importer massivement de l’énergie nucléaire française tout en rejetant toute législation européenne qui reconnaît la valeur du nucléaire en tant que source d’énergie à faible émission de carbone ». La ministre a également critiqué la volonté de Berlin de se doter de nouvelles centrales électriques à gaz pour atteindre son objectif de neutralité carbone soulignant que cela créait un « problème de crédibilité. Car, le gaz est un combustible fossile… »


- Du gigantisme dans l'éolien offshore et un record de production à relativiser.

Voir les commentaires en rouge et pour ceux qui ont le temps allez voir la production des différentes sources d'énergie sur ECO2mix. En cliquant sur l'éolien vous avez la production terrestre et en mer. Ce matin la production de nos usines éoliennes en mer a varié entre 0% et 5% de la production d'électricité éolienne et à 14h la production éolienne en France représentait 3,91% de l'électricité disponible et comme tous les jours nous exportons de l'électricité vers l'Allemagne (Electricity maps) !

Cette éolienne bat un record de production

17/8 Révolution énergétique

C’est Vestas, le fabricant danois d’éoliennes qui l’annonce. Son prototype de 15 MW vient de battre le record mondial de production sur 24 heures, moins d’un an après le précédent record. Le site d’Østerild, au nord du Danemark, est réputé être l’un de ceux qui offrent les meilleures conditions de vent au monde. De quoi expliquer pourquoi les fabricants d’éoliennes aiment y tester leurs prototypes. À l’automne 2022, d’ailleurs, l’éolienne SG 14-22 DD de Siemens y battait un record de production pour une seule machine sur 24 heures : 359 MWh. Grâce à une fonction spéciale qui permet de « booster » la puissance de sortie de l’éolienne de 14 MW jusqu’à 15 MW sous certaines conditions. De quoi, disait-on à l’époque, alimenter un véhicule électrique standard sur près de 2 millions de kilomètres.

Aujourd’hui, c’est Vestas qui annonce être allé un peu plus loin encore avec sa turbine V236-15.0 MW. Mis en service en décembre 2022, le prototype subit depuis une phase de test et de validation qui semble donner entière satisfaction. La pleine puissance avait été atteinte pour la première fois en avril de cette année. Et grâce à des pales de plus de 115 mètres de long (contre moins de 110 pour l’éolienne de Siemens) pour une surface balayée de près de 44 000 m² (moins de 42 000 pour l’éolienne de Siemens), l’éolienne de quelque 280 m de haut vient de produire, en 24 heures, pas moins de 363 MWh. Un record battu de 4 petits mégawattheures seulement. D’autres tests en mer à subir pour la méga-éolienne de Vestas L’éolienne géante de Vestas est d’ores et déjà sélectionnée pour équiper plusieurs projets en mer, comme les projets offshore Empire Wind 1 et 2, au large de New York. Leur mise en service est prévue pour dès le milieu des années 2020 — fin 2024 à l’origine, mais désormais plutôt fin 2026. La promesse formulée par le fabricant danois est d’être en mesure de produire 80 GWh d’électricité renouvelable par an avec chacune de ces éoliennes géantes.** De quoi alimenter l’équivalent d’environ 20 000 foyers européens, contre 18 000 pour l’éolienne de Siemens.

En attendant, Vestas devrait passer en phase de test en mer sur le nouveau site dédié, à moins de 5 km au large de Frederikshavn, toujours au Danemark. Trois prototypes de V236-15,0 MW devraient y être installés dès 2024.

** Puissance 15 MW pour cette éolienne. Une production de 80 GWhs correspondrait à un facteur de charge de 60%.

N’est-ce pas paradoxale d’aller vers ce genre d’engin super puissant qui aurait une production extraordinaire (ce qui reste à vérifier, toutes les éoliennes en mer ne bénéficient pas du vent Danois), et dans le même temps de massacrer nos campagnes peu ventées en rémunérant mieux la production dans les zones à faible vent ? Aberration que prévoit la loi d’accélération de EnR!!! Rappel de la moyenne nationale du facteur de charge éolien : en 2022 : 21,6% pour 26,50% en 2020. Un gâchis économique, écologique , environnemental et social quand on mesure les dégâts collatéraux de ces engins.

Puissance offshore installée en France fin 2022 : 480 MW et à ce jour 976 MW


- Quelques brèves

CEREME

Le 1er août, les prix de l’électricité ont augmenté de 10%. Pour l’ingénieur et ancien président de Gaz de France Loïk Le Floch-Prigent, notre pays ne retrouvera sa prospérité qu'avec une énergie abondante, bon marché et souveraine.


Bercy cherche des « accompagnateurs » de la transition écologique – 01.08.23

Le ministère de l'Économie met en place une nouvelle sous-direction de la transition écologique, rattachée au chef du service des politiques publiques de la Direction générale du Trésor. Cette sous-direction aura pour mission de suivre les enjeux de la transition écologique de manière transversale, en fournissant des analyses économiques et des conseils sur les politiques environnementales. Elle sera composée de quatre bureaux, dont un dédié à l'énergie et un autre au "zéro carbone", couvrant un large périmètre incluant la tarification de l'énergie pour les ménages et les entreprises. Notes : Les analyses seront-elles comme les scénarios RTE soumises à des objectifs et des contraintes qui en cassent l’objectivité ?.. Y aura-t-il des scientifiques indépendants (par ex l’académie des sciences et des technologies) qui participeront à ces travaux ? .. Ou bien assisterons-nous à un « entre soi » sous contrôle ?..

Vers un accord entre les deux chambres sur le projet de loi industrie verte – 04.08.23

La commission mixte paritaire (CMP), prévue en octobre, pourrait rencontrer des défis liés au renouvellement du Sénat et à la composition de la commission. Cependant, le rapporteur général de l'Assemblée, Guillaume Kasbarian, estime qu'il n'y a pas de blocage idéologique et que les deux chambres sont alignées sur l'objectif d'accélérer et de simplifier. L'article 9, concernant les projets d'intérêt national majeur, pourrait être un sujet de débat tendu, car les sénateurs souhaitent accorder un droit de veto aux élus locaux concernant la compatibilité des documents d'urbanisme. En ce qui concerne les énergies renouvelables, Guillaume Kasbarian sera attentif à ce que ce qui a été supprimé par l'Assemblée ne soit pas réintégré


Eolien : Siemens Energy face à une charge de 2,2 Mds€

Extrait Green Univers 7-8-23

Les défauts techniques découverts par Siemens Gamesa concernent environ 2100 turbines de la gamme 4.X et 800 machines de la gamme 5.X et le coût des réparations devrait atteindre 1,6 Md€, a-t-on appris lors de présentation des résultats du troisième trimestre 2023 de Siemens Energy. Ces défauts concernent à la fois les pales mais aussi les paliers dans les nacelles

Ørsted A/S publie ses résultats pour le deuxième trimestre et le semestre clos le 30 juin 2023

Hier à 07:59 10/8/23

Ørsted A/S a publié ses résultats pour le deuxième trimestre et le semestre clos le 30 juin 2023. Pour le deuxième trimestre, la société a déclaré un chiffre d'affaires de 16 477 millions de DKK, contre 26 295 millions de DKK il y a un an. La perte nette s'est élevée à 546 millions DKK, contre un bénéfice net de 280 millions DKK l'année précédente. La perte de base par action des activités poursuivies était de 1,4 DKK, contre un bénéfice de base par action des activités poursuivies de 0,3 DKK il y a un an.

NB : Orsted est le leader mondial de l’éolien offshore


Vestas améliore ses résultats mais s’attend toujours à une année difficile

Extrait GREEN UNIVERS

Jacopo Landi 9 août 2023

Au premier semestre 2023, Vestas affiche une perte de 99 M€, sensiblement réduite par rapport au 884 M€ perdus au premier semestre 2022, avec un chiffre d’affaires qui progresse de 5,79 Mds€ à 6,26 Mds€ (+8%). Il continue cependant a être affecté par des contrats signés en 2020 et 2021 et devenus peu rentables à cause de la montées des prix des matières premières.


Fusion nucléaire un laboratoire américain renouvelle ses exploits le 7/8/23

Extrait : Nouveau pas pour une énergie prometteuse, la fusion nucléaire . Ce dimanche, le laboratoire public américain Lawrence Livermore, basé en Californie, a annoncé avoir produit plus d'énergie que consommée pour la générer. C'est la deuxième fois que cette expérience est réalisée avec succès. Au mois de décembre, le même laboratoire avait déjà obtenu ce résultat prometteur , alors présenté comme une « percée historique » par la communauté scientifique.


Allemagne : l’éolien terrestre accélère mais pas assez

26 juillet 2023 Extrait GREN UNIVERS

L’Allemagne a mis de gros moyens à disposition de l’éolien terrestre, mais la progression n’est pas au niveau des attentes. Dernier signal en date, la réduction de 3,2 GW à 1,6 GW du volume du prochain appel d’offres, qui doit se terminer le 1er août, par crainte d’une sous-souscription. Les deux précédentes sessions avaient été sous-souscrites et ce, même si le volume de la deuxième avait également été réduit. Le prix plafond a été rehaussé à 73,5 €/MWh pour faire face à l’inflation.


En Belgique, la production d’électricité émet plus de CO2 en raison de la fermeture de deux réacteurs nucléaires Baptiste Lamber 14/8/23 BUSINESS AM La production d’électricité a augmenté les émissions de CO2 de 13% au premier semestre par rapport à l’années dernière. La principale raison évoquée : la fermeture des 2 centrales nucléaires (Chercheur de l’UGent Sam Hamel)

Note : Une preuve irréfutable


Capture du CO2 dans l’atmosphère, cette fois c’est parti !

Energies et Transitions Extrait le 15/8 Deux projets financés par le gouvernement américain pour plus d’un milliard de dollars devraient permettre en Louisiane et au Texas de capter dans l’atmosphère et stocker ensuite deux millions de tonnes de CO2 par an*. Cette technologie expérimentale baptisée DAC est à la fois énergivore et coûteuse car le CO2 dans l’atmosphère est par nature très diffus – 420 parties par million, environ 0,04%. Mais pour qu’elle ait un impact sur le réchauffement climatique comme le préconisent de très nombreuses institutions dont l’Agence internationale de l’énergie, le GIEC, le World Economic Forum, l’Académie des sciences américaine, l’Imperial College de Londres… il est essentiel qu’elle passe rapidement à un stade industriel.

*L’équivalent de 445 000 voitures. La capacité de chaque projet représentera 250 fois plus de CO2 que le plus gros site de captage actuellement en fonctionnement, selon le ministère américain.


Les réserves de pétrole trouvées ont augmenté de 1,1% dans le monde l’an dernier. Energies et Transitions le 17/8

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