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Brèves du 17/09/23 : Parlement Européen - Allemagne - gaz - nucléaire etc...

Dernière mise à jour : 26 sept. 2023

Alors que nos voisins allemands sont confrontés aux résultats de leurs choix énergétiques, et que le mur des réalités devient évident, l'Europe en la personne de Mme Von der Leyen fait un discours de l'Union qui à propos de l'énergie, n'a pas un mot pour le nucléaire, mais s'engage à soutenir l'éolien contre les assauts de la Chine. Alors que selon Euronews le 30/8: "14 pays membres de l'UE, a fait pression pour que l'énergie nucléaire obtienne le label vert au même titre que les autres énergies renouvelables."


Faut-il le rappeler, les élections européennes se tiendront début juin 2024.


Quelques infos indispensables :


La présidente de l'UE, Ursula von der Leyen, s'engage à soutenir davantage l'industrie éolienne

Le 13 septembre 2023 à 10:13 Zonebourse

L'Union européenne proposera un ensemble de mesures pour soutenir l'industrie éolienne en Europe, alors que les entreprises du secteur des énergies renouvelables sont confrontées à des défis tels que l'inflation, a déclaré mercredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

"Nous allons encore accélérer l'octroi des permis. Nous allons améliorer les systèmes de vente aux enchères dans l'ensemble de l'UE. Nous nous concentrerons sur les compétences, l'accès au financement et la stabilité des chaînes d'approvisionnement", a déclaré Mme von der Leyen lors d'un discours devant le Parlement européen mercredi.

L'Union européenne, qui compte 27 pays, s'est fixé des objectifs parmi les plus ambitieux au monde en matière de développement des énergies renouvelables. Elle est en train de finaliser un objectif juridiquement contraignant visant à ce que 42,5 % de l'énergie produite dans l'UE provienne de sources renouvelables d'ici à 2030.

Le secteur européen de l'éolien en mer a averti les gouvernements qu'il n'était pas assez important pour atteindre les objectifs en matière d'énergie verte et qu'il avait besoin d'un soutien politique accru pour se mettre sur la bonne voie, en particulier si de nouveaux parcs éoliens devaient être construits en Europe.

Les décisions finales d'investissement dans les parcs éoliens offshore européens ont atteint leur niveau le plus bas depuis 10 ans en 2022, les promoteurs ayant dû faire face à une inflation record, à une flambée des taux d'intérêt, à une augmentation des redevances de location des fonds marins et à la volatilité des marchés de l'énergie.

Les investissements ont repris depuis, mais dans les années à venir, les dépenses européennes nécessaires à la production d'énergie éolienne devraient être inférieures à l'objectif fixé, selon les analystes. Cela pourrait accroître le risque d'une dépendance accrue à l'égard des pièces importées de Chine et d'ailleurs.

"De l'éolien à l'acier, des batteries aux véhicules électriques, notre ambition est claire comme de l'eau de roche. L'avenir de notre industrie des technologies propres doit être fabriqué en Europe", a déclaré Mme von der Leyen.


Le Parlement européen donne son feu vert au doublement des énergies renouvelables

Les eurodéputés ont adopté une législation permettant de doubler la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique d'ici 2030 dans l'Union européenne. Elle avait déjà été approuvée par les 27, au prix d'une exemption sur l'hydrogène produit à partir du nucléaire, afin de satisfaire Paris.

Fruit d'un accord conclu fin mars entre le Parlement européen et les 27 Etats membres, une législation fixant l'objectif contraignant d'au moins 42,5% d'énergies renouvelables dans la consommation européenne d'ici 2030, contre un niveau actuel d'environ 22% (19% en France), a été adoptée au Parlement européen ce mardi 12 septembre. Il comporte aussi une cible « indicative » de 45% que les Etats s'efforceront d'atteindre. Le texte, votée par 470 voix (120 contre, 40 abstentions), doit être désormais formellement approuvée par le Conseil (organe représentant les Etats) avant d'entrer en vigueur.

Dans les faits, la législation accélère les procédures d'autorisations, avec l'établissement de « zones dédiées » où les autorités nationales seront tenues d'approuver sous 12 mois maximum les nouvelles installations d'énergies renouvelables (délai limité à 24 mois en-dehors). En l'absence de réponse, l'accord sera considéré acquis.

Dans les transports, les Etats devront d'ici 2030 soit réduire de 14,5% l'intensité des gaz à effet de serre grâce aux renouvelables, soit atteindre 29% de renouvelables dans la consommation finale d'énergie du secteur. De façon indicative, l'UE prévoit également 49% de renouvelables dans la consommation énergétique des bâtiments. Enfin, dans chaque pays, la part d'hydrogène renouvelable dans l'hydrogène utilisé par l'industrie devra atteindre 42% d'ici 2030.

Concession sur l'hydrogène

L'accord prévoit cependant une flexibilité pour les pays disposant d'un parc nucléaire pouvant produire de l'hydrogène décarboné, leur permettant d'abaisser leur cible d'hydrogène renouvelable, à condition que la part d'hydrogène produit à partir d'énergies fossiles ne dépasse pas 23% de leur consommation.

Pour autant, la France avait par la suite subordonné son feu vert final à des ajustements, jugeant ce seuil inapplicable en raison de son importante production d'ammoniac (matière première des engrais azotés), à partir d'hydrogène fabriqué par reformage à la vapeur du gaz naturel. A la suite d'âpres discussions face aux vives réticences de plusieurs pays rétifs à l'atome, Allemagne en tête, les Vingt-Sept s'étaient mis d'accord mi-juin sur un considérant ajouté au texte.

Selon celui-ci, les usines d'ammoniac recourant à de l'hydrogène produit par vaporeformage, et ayant fait l'objet d'investissements pour réduire leurs émissions de CO2, seront sous certaines conditions exclues de ce calcul.

Parallèlement, dans une déclaration politique, la Commission avait reconnu la contribution « d'autres sources d'énergies non-fossiles que les renouvelables » pour atteindre la neutralité climatique en 2050, une demande forte de Paris. Par ailleurs, le texte renforce les critères de « durabilité » pour la biomasse (bois brûlé pour l'énergie) tout en lui maintenant son statut de « renouvelable », au grand dam des ONG environnementales hostiles à la pratique.

Cette législation intervient alors que la proportion d'électricité produite à partir d'énergies fossiles est tombée à 33% dans l'Union Européenne au premier semestre, son plus bas niveau historique, indique un rapport publié fin août par le groupe de réflexion dédié au climat et à l'énergie Ember.

Entre janvier et juin, « les énergies fossiles ont généré 410 TWh dans l'UE, soit la part la plus faible jamais enregistrée du mix électrique, à 33% », précise Ember dans son rapport, contre près de 36% pour l'ensemble des renouvelables, dont quelque 27% pour le solaire et l'éolien.

« Le déclin des énergies fossiles est un signe des temps. Le charbon et le gaz sont trop chers, trop risqués et l'UE est en train de les supprimer », avait souligné Matt Ewen, analyste pour Ember.

Principale raison : la demande d'électricité a chuté significativement sur le continent, de la part des ménages comme des usines, et ce sont d'abord les centrales au charbon et au gaz qui ont été ralenties, réduisant leur part dans la production totale.

La production d'électricité fossile dans des centrales au charbon ou gaz a baissé de 17% entre janvier et juin par rapport au premier semestre 2022, précise le rapport. Cinq pays-membres de l'UE ont même connu une baisse supérieure à 30% (Portugal, Autriche, Bulgarie, Estonie, Finlande). La production d'électricité à partir du charbon a régressé de 23%, représentant pour la première fois moins de 10% du mix électrique européen en mai. A partir du gaz, elle a reculé de 13%.

Les auteurs du rapport avaient mis en garde sur la nécessité d'augmenter « massivement » le déploiement des énergies renouvelables, en particulier le solaire et l'éolien, « pour soutenir une économie résiliente à travers l'Europe » et compenser de manière pérenne le recul de la production d'électricité à partir d'énergies fossiles.

En volume, la production renouvelable ne suffit pas, en l'état, à compenser le recul de l'électricité produite à partir d'énergies fossiles qui s'est élevé à 86 TWh, alors que les renouvelables ne progressaient dans le même temps que d'un peu moins de 40 TWh. L'énergie solaire a progressé de 13% (+13 TWh) durant le semestre par rapport aux premiers six mois de 2022, et l'éolien de 4,8% (+10 TWh). L'hydraulique a progressé de 11% (+15 TWh).

Le rapport rappelle aussi que la production d'énergie nucléaire devrait se rétablir, après avoir été en berne début 2023 en raison d'une forte indisponibilité du parc nucléaire français, le premier d'Europe.


France Allemagne, le match retour

Le modèle économique et énergétique allemand, qui a permis à Berlin de régner sur l’Europe et d’imposer ses vues à la France, notamment sur la transition énergétique et l’avenir du nucléaire, est en lambeaux. Fini le gaz russe abondant et relativement peu cher et fini la domination écrasante d’une industrie construite sur des exportations massives. Sa compétitivité est aujourd’hui gravement menacée. Et la réalité de la transition énergétique allemande, la fameuse Energiewende tant vantée par les écologistes et les technocrates bruxellois, apparait au grand jour. Les centaines de milliards d’euros investis dans les renouvelables ont eu un impact limité sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre et ont renchéri considérablement les prix de l’énergie. Une PME allemande paye aujourd’hui son électricité quatre fois plus cher que son équivalent français.

La santé économique insolente de l’Allemagne a beaucoup fait parler ces dernières années. Industrie conquérante, balance commerciale largement excédentaire, elle avait de quoi faire des envieux. Mais le covid, la crise ukrainienne et l’échec de sa stratégie énergétique (Energiewende) font que ce tableau idyllique commence à se ternir.

Les bases de l’économie allemande reposaient sur plusieurs piliers, à commencer par l’accès à une énergie fossile abondante et peu chère. C’est dans ce contexte que Berlin n’a eu de cesse de développer ses liens avec Moscou, ce qui prendra notamment la forme de la construction du désormais célèbre gazoduc Nord Stream, entré en service en 2012, et de son grand frère, Nord Stream 2, qui devait entrer en service cette année

La fin du gaz russe, abondant et relativement bon marché

Cela n’aura échappé à personne, l’explosion des prix du gaz dans un premier temps, puis le sabotage des deux gazoducs auront été comme des coups de poignard en plein cœur de l’économie allemande.

Car contrairement à la France, le pays ne dispose que de peu de marges de manœuvre. La fermeture de ses centrales nucléaires a renforcé la dépendance de sa production électrique au gaz et au charbon pour ses besoins de pilotable. Il n’y pas toujours de vent et de soleil. Et l’aveuglement à l’égard de la dépendance à l’approvisionnement au gaz russe, non sans parfois de sérieux soupçons de corruption, a été tel que l’Allemagne ne disposait tout simplement d’aucun terminal méthanier lui permettant de diversifier rapidement son approvisionnement avec du GNL (Gaz naturel liquéfié).

Une envolée des prix de l’énergie qui a effondré la compétitivité industrielle

Le modèle industriel allemand, notamment dans la chimie, la sidérurgie et l’automobile, extrêmement dépendant du gaz russe se retrouve aujourd’hui face à un monceau de difficultés et doit se reconstruire et se repenser tout en voyant sa compétitivité et ses marchés à l’exportation s’effondrer.

Cette nécessité de trouver de l’énergie moins chère commence à se voir sur les marchés européens. Depuisl’Energiewende, l’Allemagne avait tendance à avoir quasi-systématiquement une électricité très peu chère en moyenne sur les marchés à terme. Pour deux raisons, un potentiel renouvelable important (éolienne et solaire) qui produit en général soit trop, soit trop peu et un potentiel pilotable, de centrales à charbon et à gaz qui est important. et assure la sécurité d’approvisionnement. Mais cette semaine, l’Allemagne s’est fait doubler sur les marchés européens par la France. Mardi 12 septembre, le MWh en livraison octobre 2023 s’échangeait ainsi à 90,8 euros à Berlin contre 90 euros à Paris.

Une PME allemande paye son électricité 4 fois plus cher que son équivalent français

Cette différence peut sembler minime, mais la portée symbolique est telle que l’inquiétude ne cesse de grandir outre Rhin. La chambre de commerce et d’industrie allemande rappelait ainsi qu’une PME allemande payait aujourd’hui son électricité 4 fois plus cher que son équivalent français. Dans ce contexte, les propos de Bruno Le Maire, le ministre français de l’Economie, affirmant, rapidement, que « la France est en train de devenir le moteur économique de l’Europe » ont été assez peu appréciés. Cela a contraint le ministre français à se livrer ensuite à une opération déminage pour s’afficher tout sourire aux côtés du ministre de l’Economie allemand.

Pourtant, ces propos reflètent une part de vérité. Le rebond énergétique française, illustré par la vitesse de réparation et de remise en service de son parc nucléaire, permet à la fois à son énergéticien public – EDF – d’afficher une meilleure santé économique et à son industrie de négocier au cours des derniers mois des contrats de fourniture d’électricité à des tarifs imbattables sur le continent.

Des risques de délocalisations massives

Certes l’industrie française n’a plus rien de comparable avec son homologue allemande, mais elle est bien moins menacée que cette dernière par des risques de délocalisation résultant notamment de l’envolée des prix de l’énergie.

Alors que sur l’autre rive du Rhin, plus de 50% des industriels craignent d’être obligés de délocaliser, le voisin français est envié. Au point que certains accusent désormais la France de concurrence déloyale. Un comble quand on mesure le travail de sape effectué depuis des années par l’Allemagne, notamment à Bruxelles, contre la politique énergétique française et son industriel.

Mais l’heure est grave, à tel point que l’hebdomadaire der Spiegel a publié au début du mois de septembre un article qui a eu un impact considérable, il était titré « Frankreich – Das bessere Deutschland » (La France – l’Allemagne en mieux).

Il faut faire attention de ce côté-ci du Rhin à notre tendance à crier victoire trop tôt et à se voir plus beau et surtout plus puissants que nous le sommes réellement. Mais en tout cas, le complexe d’infériorité qui affectait les entreprises et politiques tricolores depuis quelques années face à la réussite germanique n’a plus aucune raison d’être.

Philippe Thomazo


L'Allemagne saisie par le doute

Photo : Christian Lindner, ministre fédéral des Finances, Robert Habeck, ministre fédéral de l'Économie, et Bruno le Maire, ministre français de l'Économie, le13 septembre 2023 à Berlin (©Bernd von Jutrczenka / dpa Picture-Alliance via AFP).

Le « modèle allemand » a des ratés. L'Allemagne reste un colosse industriel assis sur des réserves budgétaires cossues qui contrastent cruellement avec les dettes abyssales de la cigale française. Mais voilà que, saisi par le doute sur son avenir, le colosse regarde ses pieds en se demandant s'ils ne seraient pas d'argile. Sa part de marché dans le commerce mondial a chuté de 8,4 % en 2016 à 6,7 % en 2022. Cette année, le PIB de l'Allemagne devrait finir en récession entre 0,2 et 0,4 %. Sa croissance pourrait être inférieure à celles des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Espagne ou... de la France dans les cinq prochaines années, selon les prévisions du FMI.

La plupart des indicateurs économiques sont dans le rouge : production industrielle, consommation, investissements, exportations. Et le moral des entrepreneurs est en berne. Les médias germaniques se prennent même à regarder de l'autre côté du Rhin, vers ce pays où se plairait Dieu (« Vivre comme Dieu en France »), en se demandant, à l'instar de l'hebdomadaire Der Spiegel cette semaine, si la France ne serait pas finalement devenue « l'Allemagne en mieux » (« Frankreich – das bessere Deutschland »)...ce qu'à Dieu ne plaise ! En visite à Berlin hier, notre ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, n'en croyait pas ses yeux : « Je n'aurais jamais pensé voir les mots “miracle économique” et “France” dans la même phrase », s'est-il félicité devant les journalistes, après une réunion avec ses homologues allemands des finances et de l'économie. Il a toutefois tempéré son propos : « Je pense qu'un peu de lucidité ne saurait nuire. Il nous reste un chemin à parcourir considérable pour réindustrialiser la France. C'est à mes yeux la bataille fondamentale. La France avait une part de son industrie dans son PIB de plus 20 %, elle est tombée à moins de 10 %. L'Allemagne est toujours largement au-dessus des 20 % », a reconnu Bruno Le Maire. Modérant lui aussi son enthousiasme, l'article du Der Spiegel indiquait que « le produit intérieur brut allemand dépasse de plus de 40 % celui de la France ».

Notre voisin paie cher son abandon du nucléaire qui l'a rendu dépendant du gaz russe... dont l'a coupé la guerre en Ukraine. Pour satisfaire les écologistes, Gerhard Schröder puis Angela Merkel avaient fait le pari risqué de sortir du nucléaire en comptant sur le gaz russe pour assurer la transition avec les énergies renouvelables dont les performances s'avèrent décevantes. Les trois derniers réacteurs en service dans le pays ont été éteints en avril 2023. Résultat : l'Allemagne fait fonctionner à plein régime ses centrales à charbon, polluant sans vergogne ses habitants et ceux des pays voisins, dont la très écologiquement vertueuse France. On se demande par quel prodige l'Allemagne pourrait atteindre les objectifs européens de réduction de 55 % des émissions de CO2 dès 2030 (par rapport au niveau de 1990) et la neutralité carbone en 2050...

L'Allemagne paie aussi le cynisme avec lequel elle a « fait son beurre » pendant des décennies avec la plus inquiétante dictature du monde, la Chine. Ses rapports commerciaux avec l'Empire du Milieu se dégradent à cause du ralentissement de l'économie chinoise mais aussi de l'avance prise par les Chinois dans les batteries, les éoliennes et les panneaux solaires. Sur le marché automobile chinois, la concurrence locale taille des croupières aux BMW, Volkswagen et autres Mercedes qui réalisaient un tiers de leur chiffre d'affaires et de leur bénéfice en Chine. Enfin le recours systématique de l'Allemagne à la main d'œuvre étrangère et sa dénatalité suicidaire deviennent trop visibles pour ne pas inquiéter l'opinion, comme le confirme la montée spectaculaire des votes pour les partis de droite et d'extrême droite.

Le clin d'œil à la France ne doit pas faire illusion : venant des médias germaniques, il n'est pas destiné à faire plaisir aux Français et à Bruno Le Maire mais à fouetter la coalition au pouvoir qui ne parvient pas à s'entendre. Vexée par la passe difficile qu'elle traverse, mais ne voulant pas revenir sur sa phobie de l'atome (« un cheval mort en Allemagne » a encore martelé le chancelier Olaf Scholz au début du mois), l'Allemagne est prête à tout pour conserver son « führung » (sa suprématie, son « leadership ») dans l'Union Européenne, quitte à mettre des bâtons dans les roues de ses partenaires pour entraver leur compétitivité, à commencer par celle que la France a pu préserver grâce à son énergie nucléaire. Si Dieu s'est résigné à rester en France, le démon de l'hégémonie n'a pas déserté les contrées d'Outre-Rhin.

Philippe Oswald


Le jeu des statistiques officielles de l’inflation : l’exemple édifiant de l’Allemagne

Contrepoints le 15/9/23

Pour les statistiques officielles de l’inflation, la réalité est bien différente des intentions affichées.

Publié le 15 septembre 2023

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L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) se compose de 12 sous-indices, qui sont pondérés en fonction de leur part dans les dépenses totales des ménages.

Si, par exemple, les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées (sous-indice 1) représentent 15 % des dépenses, il convient de leur attribuer une pondération de 15 % dans l’indice global. De cette manière, chaque catégorie de dépenses se verrait attribuer l’importance qu’elle a pour un ménage moyen. C’est ce que prétendent les statistiques officielles.

Mais ici aussi, comme souvent, la réalité est bien différente des intentions affichées.

Loyer et factures d’énergie : seulement un quart de vos dépenses ?

En Allemagne, le sous-indice traditionnellement le plus important couvre le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles (sous-indice 4). Il a toujours représenté plus de 21 % de l’indice global depuis le milieu des années 1990.

Entre 2020 et 2022, son poids est passé à un peu plus de 25 %. Les statistiques officielles supposent donc que les ménages allemands consacrent en moyenne environ un quart de leurs dépenses totales à des biens de cette catégorie. Pour certains critiques, c’est trop peu. De nombreux ménages dépensent beaucoup plus pour ce type de biens. Dans les grandes zones urbaines, les ménages consacrent souvent plus d’un tiers de leur revenu au loyer seul. C’est également le cas pour les ménages en France, par exemple en région parisienne. En France, le sous-indice 4 a un poids ridiculement faible depuis un certain temps. Depuis le milieu des années 1990, il n’a jamais dépassé 17,4 %.

Dans les grandes zones urbaines, les ménages consacrent souvent plus d’un tiers de leur revenu au loyer seul.

Un changement inattendu est intervenu en Allemagne en 2023.

L’Office fédéral de la statistique n’a pas augmenté le poids du sous-indice 4, mais l’a ramené de 25,2 % l’année précédente à 16,5 %. L’Allemagne a donc commencé à suivre l’approche française. Aucune justification valable n’a encore été fournie. Sur le site web de l’Office fédéral de la statistique, on ne trouve que des phrases creuses : « La pandémie de coronavirus, qui sévit depuis 2020, avec ses restrictions de la vie publique et les conséquences qui en découlent, rend nécessaire de modifier le procédé habituel de mise à jour des pondérations pour chaque bien de consommation pour la troisième année consécutive également. »1

Comment justifier un ajustement aussi invraisemblable ?

En fait, l’ajustement signifie qu’à partir de maintenant, les statistiques officielles supposeront que le ménage allemand moyen ne dépense que 16,5 % de ses dépenses totales pour le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et d’autres combustibles. Il appartient à chacun de se demander si cette hypothèse est réaliste.

Il est clair que le sous-indice 4 affiche depuis un certain temps des taux d’inflation supérieurs à la moyenne.

Entre 1996 et 2022, il a augmenté de 84 % au total, alors que l’IPCH dans son ensemble n’a augmenté que de 59 %. Seul le sous-indice 2 pour les boissons alcoolisées, le tabac et les stupéfiants a augmenté encore plus fortement au cours de cette période, soit de 115 %.

Durant la phase inflationniste de l’année dernière, ce sont les prix du sous-indice 4 qui ont le plus augmenté. Le taux d’inflation s’est élevé à 13,9 %, soit plus de 5 points de pourcentage au-dessus de l’inflation moyenne officielle. La décision de l’Office fédéral de la statistique de réduire le poids de ce sous-indice a un effet pratique : l’inflation officiellement mesurée sera plus faible.

Mais elle ne mesure pas la réalité.


Mais en France non plus ! Le sous-indice 4 pèse 17,4% pour le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et d’autres combustibles.


Le gaz, indispensable à nos économies et encore pour longtemps

L’Europe s’est fait une spécialité de l’hypocrisie énergétique se voulant être un modèle de vertu climatique et courant affolée vers tous les approvisionnements en gaz possibles et imaginables et à n’importe quel prix pour faire face l’an dernier à l’arrêt des importations russes. Comble de cette hypocrisie, la multiplication des éoliennes et du solaire signifie de fait une dépendance accrue au gaz pour produire l’indispensable électricité quand il n’y a pas de vent ni de soleil… C’est-à-dire souvent. Par Loïk le Floch-Prigent. Article paru dans le numéro 17 du magazine Transitions & Energies.

Tandis que tous les jours nous recevons des nouvelles officielles sur la disparition rapide de l’utilisation des énergies fossiles en Europe, les développements de gisements de charbon, de pétrole et de gaz continuent un peu partout ailleurs. Deux mondes vont donc cohabiter, celui de la « vertu » avec la décarbonation accélérée, en se concentrant sur un territoire limité, et celui du « mal » qui va poursuivre l’utilisation des richesses de son sous-sol pour maintenir sa prospérité et soutenir celle de pays défavorisés. L’issue de ce grand écart n’a rien d’évident, oser entrevoir un gouvernement de la planète aux mains des vertueux obligeant tous les autres à leur obéir devient tous les jours un peu plus audacieux.

Comme il avait été dit aux débuts de l’écologie à la conférence de Stockholm en 1972, il faut penser « globalement » mais agir « localement », c’est chaque peuple qui entendra ou non la nécessité de limiter l’utilisation des ressources de son sous-sol et non une autorité suprême. C’est près de 85 % de l’énergie primaire consommée dans le monde qui vient des énergies fossiles. L’Europe peut essayer de changer à marche forcée, elle ne pourra pas entraîner toute la planète tandis qu’elle risque la récession brutale puisque qu’elle a préconisé la mondialisation de l’économie avec un certain succès. L’utopie est belle, les réalités demeurent, et ce qui arrive à l’économie du gaz en est une belle illustration.

La guerre en Ukraine a levé le voile sur le monde réel

Le charbon a été, un temps, le matériau de base de la disponibilité de l’énergie, et on a rapidement souhaité le concentrer pour le brûler en évitant ainsi une pollution domestique trop importante ; les vecteurs électriques et gaziers ont donc, dans nos pays développés, été choisis pour aller vers l’utilisateur final à travers des réseaux. L’Europe a ainsi des réseaux électriques et gaziers très maillés permettant de servir la grande majorité de sa population. Le relais, pour le gaz, a été pris par le gaz naturel issu des gisements, européens d’abord avec des gazoducs à partir des champs pétroliers, puis avec des méthaniers transportant le gaz liquéfié jusqu’aux terminaux de retransformation en gaz. La diminution des quantités disponibles en petite Europe a conduit à construire des gazoducs, en particulier pour le gaz russe ou azéri, et les centres de production de gaz liquéfié se sont multipliés à travers le monde, le plus grand gisement étant localisé au nord du Qatar (North Dome) et donc au sud de l’Iran (South Pars).

La trop grande dépendance gazière à l’égard des pays pétroliers a amené les compagnies pétrolières occidentales à envisager la production de petits gisements, dits « non conventionnels » ou de « schiste » avec un gaz plus cher mais abondant, ce qui a été réalisé ces dernières années en Amérique du Nord. Cela a modifié la carte des potentialités gazières à travers le monde. Nous avons donc aujourd’hui une économie du gaz multiforme avec des prix de production instables et des restrictions pour l’exploration et la production en Europe continentale du gaz non conventionnel.

L’Union européenne s’est fixée comme objectif de décarboner sa production en 2050 et surveille régulièrement la montée en puissance de l’escamotage de tout ce qui lui apparaît comme « fossile » et donc relevant de l’empire du mal. La guerre en Ukraine a, néanmoins, levé le voile sur le monde réel, celui de la nécessité pour tous les pays, mais surtout pour l’Allemagne, de disposer de fourniture abondante de gaz pour tous les usages, en particulier l’industrie, puisque l’installation d’éoliennes annoncées comme la panacée exigeait la disponibilité d’une production électrique complémentaire pilotable pour pallier aux insuffisances d’une énergie intermittente et aléatoire ne fonctionnant qu’à 25 ou 30 % de sa puissance nominable. On avait menti au peuple en lui vantant les mérites d’une énergie 100 % renouvelable, en fait les éoliennes signifiaient une dépendance accrue au gaz.

Acheter du GNL (gaz naturel liquéfié) d’où qu’il vienne et à n’importe quel prix

En conséquence, la plupart des pays européens se sont précipités pour récupérer du gaz naturel liquéfié (GNL) d’où qu’il vienne, et le Qatar en a conclu fort justement qu’il lui fallait accroître rapidement sa production de 60 % et a engagé les programmes d’investissements immédiatement. Nous sommes habitués à ces contradictions entre une politique vertueuse affichée et les réactions planétaires contradictoires. On sait que la voiture électrique ne pollue pas l’Europe mais va dégarnir le sous-sol de bien des pays, que son bilan carbone global n’est pas bon ; on sait que l’on chasse ici les plastiques mais que leur production va doubler dans le monde dans les cinq ans qui viennent ; on sait que la consommation de charbon a progressé dans le monde passant de 23 % il y a quatre ans à 27 % dans le bilan global énergétique planétaire ; nous savons donc que notre démarche est parfaitement hypocrite, mais il est bon de le signaler à chaque fois que cela se présente avec discrétion.

On constate donc que le gaz est indispensable pour notre développement et notre prospérité et que les producteurs se préparent au relèvement et non à la disparition. Nos réseaux, nos stockages, notre ravitaillement doivent être assurés, et tous les professionnels du gaz européen se mobilisent pour trouver des sources « vertes » pour assurer (ou présenter !) à la fois la décarbonation demandée et la souveraineté nationale et européenne.

Si l’idéologie était absente des débats, on pourrait revenir à la recherche de l’indépendance d’abord et donc à l’exploration et la production de gaz de schiste français et européen. En France, en dix-huit mois, il est possible de produire de l’ordre de 15 % de la consommation actuellement autour de 466 TWH, soit 69 TWH. Il n’y a aucune étude publiée en ce sens, c’est tabou.

Le tabou de l’exploitation de notre propre gaz de schiste

Il y a, par contre, une grande littérature sur le gaz « vert » issu de la méthanisation, de la pyrogazéification, de la gazéification hydro-thermale et de la méthanation. Ce qui est le plus avancé en France est la méthanisation qui procure un revenu garanti pour les agriculteurs, qui protège le secteur élevage et qui leur permet d’utiliser un digestat à la place d’engrais devenus rares et chers. Il y a plus de 1 000 projets en discussion à ce jour, une production de 5 à 6 TWH et une possibilité en cinq ans de parvenir à 50 TWH.

Ces chiffres montrent abondamment que les producteurs de gaz naturel ont encore pour de nombreuses années un avenir radieux et qu’ils vont bénir le ciel de disposer de ressources. Reste l’essentiel, le prix auquel le gaz va être livré !

On sait que les énormes quantités de gaz russe permettaient un prix très attractif qui a conduit à construire les gazoducs North Stream 1 et 2 à travers la Baltique, beaucoup plus onéreux que celui qui traverse l’Ukraine (Fraternité). Le gaz américain était plus cher et il en est de même pour tout le gaz naturel liquéfié d’où qu’il vienne. Le prix du gaz, malgré tous les efforts, a donc été multiplié par deux pour notre petite Europe. Cela suffit amplement pour justifier une exploitation de notre gaz non conventionnel, mais on a bien dit que c’était un tabou européen.

Ne pas négliger le biogaz

Qu’en est-il de tous les gaz produits par l’agriculture ou les déchets ? Cela dépend très largement du calcul collectif sur l’importance de conserver une agriculture solide apte à combattre notre balance commerciale lourdement déficitaire de produits agricoles et alimentaires. Le combat de certains militants se réclamant de l’écologie fragilise depuis des années le secteur de la production agricole, le retour à des agriculteurs heureux et prospères est sans doute un objectif majeur pour notre pays. Il passe par un examen approfondi des contraintes exercées quotidiennement sur le monde agricole et le « bashing » dont ils sont victimes, il passe aussi, en particulier pour l’élevage, sur des incitations à la production de méthane, à l’utilisation de ce gaz pour eux-mêmes et à l’apport du surplus sur le réseau. C’est un beau défi à relever même si les coûts, au premier abord, peuvent apparaître trop élevés. C’est un axe important d’indépendance nationale potentielle, nous aurons toujours besoin de gaz. Rappelons-le, il est « pilotable », ce qui en fait un renouvelable prioritaire comme l’hydraulique.

Enfin, peut-on poursuivre cette logorrhée sur ce qui est « vert » ou non « vert » ? Il faut redevenir raisonnables et demander à la science si cette distinction a un sens. Cela conduira à des débats si la parole redevient libre, mais ces discussions permettront de chasser un peu l’hypocrisie permanente du greenwashing institutionnel qui ne fait pas honneur à notre pays.


Rendre les énergies renouvelables désirables

Par la rédaction. Publié le 12 septembre 2023. Environnement magazine

Des étudiants en design ont travaillé avec l’Agence de la transition écologique (Ademe) dans le but de « faire émerger des solutions concrètes visant à favoriser la désirabilité des énergies renouvelables ». Favoriser l’attrait des énergies renouvelables. Tel est l’objectif du partenariat noué ce printemps entre l’Agence de la transition écologique (Ademe) et l’école de condé Nice, l’un des principaux établissements supérieurs privés d’enseignement du design, de l’image, de l’artisanat et du patrimoine en France. Plus exactement, « cette collaboration inédite entre les ingénieurs de l’Ademe et les étudiants en Mastères design du campus niçois de l’école [avait] pour but de faire émerger des solutions visant à favoriser la désirabilité des énergies renouvelables, et plus particulièrement de l’éolien et du photovoltaïque, auprès du grand public », indiquent les deux structures partenaires. Les étudiants ont ainsi été invités à travailler durant trois mois autour des énergies renouvelables (EnR) dans le but de proposer des solutions concrètes en matière de campagnes de communication, de sensibilisation mais aussi de supports tels que des jeux de plateforme ou sur smartphone favorisant l’immersion et l’engagement des utilisateurs. Dans un premier temps, les étudiants ont mené une étude conjointe des énergies et des publics, afin de définir une ligne éditoriale. Dans un second temps, ils ont défini des « persona », des personnes fictives représentant le portrait-type des publics visés par l’Ademe. « Le partenariat portait sur des technologies très matures, l’éolien et le photovoltaïque, car nous nous rendons compte qu’il y a un gros enjeu en termes social et sociétal, avec sur le terrain des oppositions dogmatiques auxquelles on ne sait toujours pas répondre avec nos messages d’ingénieurs », avance Amandine Volard, ingénieure éolien et énergies marines pour l’Ademe, avant d’ajouter : « L’objectif de ce partenariat était de s’ouvrir à d’autres expertises. Nous souhaitions prendre du recul et passer par un autre regard, celui de designers mais aussi d’étudiants. » « Notre travail de designer a permis de dégager de nouveaux points de vue concernant les réticences que peuvent avoir certains publics autour de l’éolien, notamment dues parfois à un langage scientifique pointu, parfois éloigné de celui attendu par le grand public », illustre Lola Jalabert, étudiante à l’école de condé. Le partenariat entre l’école niçoise et l’Ademe tend à illustrer l’engagement de l’établissement pour la transition écologique et son objectif de former des designers engagés. Il est également « un exemple concret de la manière dont le design peut apporter une réponse aux enjeux environnementaux actuels », concluent les deux partenaires.


Ben voyons !! il est clair que les opposants qui subissent la perte de valeur de leur maison de leur activité touristique, qui protège le patrimoine, la biodiversité et la santé humaine et animale… sont dans le dogme !!!!!!!!

Cet embrigadement des enfants à l’école, des étudiants… la formation qui a commencée des fonctionnaires ne laissent présager rien de bon.

Ne lâchons rien !


Le cauchemar nucléaire français (3/3), Le Monde de l’énergie, le 13/09/2023

Une tribune sur les obstacles qui se dressent sur la relance du nucléaire en France, en trois parties, signée Jean-Jacques Nieuviaert, président de la Société d’Études et de Prospective Énergétique (SEPE). Retrouvez ici la première partie, et ici la deuxième partie.

III. Comment sortir de cette impasse ?

En fait la voie de sortie possible repose sur deux axes :

Le premier consiste à obtenir d’EDF que le parc nucléaire historique, d’ici l’échéance 2030 (et jusqu’à 2040), atteigne vraiment un niveau de production normal correspondant à sa capacité, à savoir pour 63 GW environ 500 TWh (Ku de 90 %), en l’affranchissant en particulier de l’obligation de moduler face aux renouvelables (priorité d’injection au nucléaire). Ce niveau de production est la norme pour tous les parcs nucléaires significatifs au niveau mondial. Et, d’ailleurs, il ne sert à rien d’augmenter la capacité des réacteurs actuels si déjà à la base leur Ku n’atteint pas 90 % !

Le deuxième consiste à ne pas commettre l’énorme erreur stratégique de refuser de s’appuyer sur des SMRs qui pourraient être disponible beaucoup plus rapidement que les EPR2 ! Compte tenu de l’évolution de cette technologie au niveau mondial, il devrait être envisageable d’installer entre 2030 et 2035, non pas 4, mais entre 30 et 40 GW de SMRs. Et si EDF n’était pas capable de faire avancer Nuward assez vite, il serait toujours possible de faire appel à NuScale, GE Hitachi ou Rolls Royce pour fournir ces équipements. Quant au problème de sécurité des installations, qui concernerait en l’occurrence une centaine de SMRs, ceux-ci trouveront facilement leur place dans les enceintes des centrales actuelles ou dans celles des établissements militaires.

Dans cette hypothèse, toujours face à une consommation estimée par RTE à 640 TWh en 2035, les différentes productions pourraient atteindre :

· Nucléaire classique 500 TWh

· SMRs (20 GW) 140 TWh

· Hydraulique 60 TWh

Dans ce cadre, la production programmable deviendrait largement excédentaire et les apports des EnR non programmables deviendraient non essentiels. Il serait possible de les développer avec discernement et sans précipitation, leur production pouvant être utilisée pour la production d’hydrogène vert, respectant ainsi les exigences de la Commission Européenne sur ce sujet. Ensuite, l’arrivée sur le réseau des EPR2, à partir de 2040, pourrait permettre de retirer progressivement les unités les plus fragiles du parc 900 MW. A l’horizon 2050 le parc pourrait ainsi être constitué de 15 GW d’EPR 2, 6 GW de N4, 26 GW de 1 300 MW et 33 GW de SMRs, soit les 80 GW de puissance nécessaire pour assurer 640 TWh de production.

Conclusion

En réaction à la présentation de la SFEC par la première ministre le 25 mai, l’Académie des Technologies, soulignait en particulier l’incompréhension par le gouvernement de l’inertie des réalités énergétiques et de l’échelle des transformations à mener. Ceci résume parfaitement ce que nous venons d’exposer.

Confronté à l’angoisse de la pénurie électrique qui se profile, la tentation pour des décideurs, qui maitrisent très mal le fonctionnement d’un système électrique et ont également beaucoup de mal à appréhender la réalité du calendrier de déploiement des investissements nécessaires, est de céder aux sirènes d’affairistes de tout poil, qui sont simplement désireux de placer leurs équipements sans tenir compte des intérêts réels de la nation.

Or il faut absolument arrêter de continuer à déclarer que les renouvelables intermittentes et le nucléaire sont complémentaires. Si c’est vrai quand il n’y a pas de vent ni de soleil, car le nucléaire peut les suppléer, à l’inverse quand les intermittentes produiront en grande quantité mais sans lien avec la demande, cela obligera le nucléaire à réduire sa production voire à l’arrêter, et il est donc insensé de vouloir agréger les deux productions sans tenir compte de cette réalité.

Et si on écarte les seules solutions qui pourraient faire sortir la France rapidement de sa situation de crise dans le domaine de l’électricité, alors, au-delà de la gesticulation récente sur le nucléaire, ce qui attend la France et donc ses consommateurs, c’est :

Au minimum la « sobriété », qui en est déjà à l’acte 2 avec l’été, mais, en fait, plus probablement, c’est la pénurie qui menacera l’économie française ;

Un développement insensé des renouvelables qui, en imitant l’Allemagne, vont détruire les paysages de France sans aucun résultat concret, et qui vont de surcroit risquer de nous obliger à passer par une nouvelle dépendance, cette fois-ci technologique, vis-à-vis de la Chine.

Et pour revenir sur l’Allemagne, si l’Express titrait le 26 juin, à juste titre , « Nucléaire : le travail de sape de l’Allemagne contre la France », il faut quand même reconnaitre que les responsables français lui ont sacrément facilité la tâche. Il faut cesser d’accepter cette discussion stérile qui sévit au niveau des instances communautaires et qui montre clairement une Allemagne acharnée à détruire le nucléaire français, et ceci contre toute logique stratégique. Il suffit de voir le reste du monde se tourner maintenant vers cette énergie , que ce soit la Chine, l’Inde, l’Asie, les Amériques, la Turquie et même l’Europe de l’est qui se nucléarise avec l’aide des USA, supplantant ainsi la Russie sur sa chasse gardée historique.

La France se doit donc, au-delà d’adopter une stratégie nucléaire cohérente, de marquer fermement son territoire et de refuser de continuer à discuter d’un sujet qui constitue, comme les traités lui en donnent le droit, une décision souveraine.


Arithmétique de nos capacités de production par une nuit sans vent

Ce qui arrive plusieurs fois par an, même en hiver à la pointe de consommation, et en général sur toute l’Europe.

· Nucléaire…………. 50 GW (d’après EDF même, au mieux)

· Gaz………………….. 10 GW (on n’a jamais fait plus)

· Hydro………………. 15 GW (capacité 25 GW, prenons 15 GW, c’est le maxi probable)

· Bio…………………… 2 GW

· Fioul charbon……. 3 GW (le gouvernement a annoncé qu’il renonçait provisoirement à arrêter définitivement ces centrales)

· Éolien, solaire……. 0 GW

Total……………………….. 80 GW

· Conso maxi en 2022/2023… 80 GW

· Conso maxi en 2018/2019…. 86 GW

· Record en 2012………………… 102 GW

Alors, faut-il être vraiment confiant ?


Brèves du 17/09/2023

L'Allemagne s'est certes détournée de la fission nucléaire, mais pas de la fusion. Elle prévoit d'investir plus d'un milliard d'euros dans la recherche sur ce domaine au cours des cinq prochaines années, a annoncé mardi sa ministre de la Recherche, Bettina Stark-Watzinger. Objectif : ouvrir une centrale à fusion nucléaire dès que possible. Le Royaume-Uni, lui aussi, mène un programme ambitieux, alors que la France reste en retrait.

Extrait l’AGEFI

La bureaucratie nuit au déploiement des éoliennes en Allemagne

Outre-Rhin, plusieurs mois sont nécessaires pour l’obtention de permis de transport de composants d'éoliennes auprès de chaque Land. Le coût de ces permis a de surcroît décuplé en deux ans.

Publié le 11 septembre 2023 à 16:37 - Maj 11 septembre 2023 à 23:53

Les usines solaires européennes piégées par les prix des panneaux

Par

Jacopo Landi EXTRAIT GREEN UNIVERS le 12/9


La chute vertigineuse des prix des panneaux solaires met en danger la tant souhaitée autonomie stratégique du Vieux Continent dans les technologies vertes. Les producteurs européens ne peuvent rivaliser avec des importations chinoises de moins en moins chères, alertent les associations professionnelles SolarPower Europe et le European Solar Manufacturing Council (ESMC).

Le gouvernement exclut plus de 10 % de hausse de l'électricité l'an prochain Les Echos le 14/9 La Commission de régulation de l'énergie a annoncé jeudi que les tarifs réglementés de vente de l'électricité (TRV) devraient augmenter de 10 % à 20 % en février prochain. Le gouvernement a immédiatement rétorqué que cette hausse ne pourra dépasser 10 %.


Résidentiel : la réduction de puissance électrique envisagée pour éviter les délestages

Par

Jacopo Landi Extrait Green Univers

-15 septembre 2023 Le gouvernement réfléchit à lancer d’ici le 31 mars 2024 une expérimentation sur la réduction de puissance de soutirage des clients résidentiels en cas de déséquilibre anticipé entre offre et demande sur le réseau électrique. Un projet de décret sera examiné par le Conseil Supérieur de l’Energie (CSE) lors de la séance du 26 septembre pour en définir les modalités.


CEREME

Agnès Pannier-Runacher appelle à un plan pompes à chaleur – 14.09.23

La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a exprimé son souhait de développer un plan visant à installer un million de pompes à chaleur (PàC) en France d'ici 2030. Les détails de ce plan n'ont pas encore été révélés, mais le ministère, Matignon et l'Élysée examinent cette proposition. Selon Jean-Paul Ouin, délégué général d'Uniclima, la réalisation d'un tel plan serait réalisable, mais il est essentiel d'accompagner la montée en puissance de la filière dès maintenant, car la production actuelle de PàC en France ne serait pas suffisante pour répondre à la demande future. Il est possible que ce plan PàC soit soutenu par un système de crédit d'impôt pour la construction de sites de production en France, intégré dans le projet de loi sur l'industrie verte.

L'État croit de nouveau au potentiel des hydroliennes – 11.09.23

Les hydroliennes pourraient être encouragées en France malgré leur coût élevé. Le gouvernement français a annoncé un soutien financier de 65 millions d'euros pour FloWatt, une ferme pilote d'hydroliennes au large de la Manche. Cette initiative fait partie de la future loi de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). L'hydrolienne est une source d'énergie prévisible à long terme, qui ne perturbe pas les pêcheurs en raison de sa discrétion sous l'eau. Elle présente également une densité d'énergie élevée. La capacité totale en France pourrait atteindre 5 GW, avec un potentiel de 3 GW dans le raz Blanchard seul. Cependant, le coût de l'électricité produite par hydrolienne reste élevé, autour de 300 €/MWh, mais la filière espère le réduire à environ 100 €/MWh après le premier gigawatt installé

Programmation pluriannuelle de l’énergie : des associations de collectivités préparent leur propre scénario – 14.09.23

Plusieurs associations de collectivités, dont France urbaine, Intercommunalités de France, l'Association des maires ruraux de France, Villes de France et Amorce, prévoient de présenter leur "PPE des territoires" d'ici la fin du mois de septembre. Ce scénario vise à contribuer au débat sur l'élaboration de la programmation pluriannuelle de l'énergie 2024-2027, qui sera mise en consultation par la ministre de la Transition énergétique "dans les prochaines semaines". Les objectifs de ce plan incluent une réduction de la consommation d'énergie de 30 % d'ici 2035 par rapport à 2012 et l'atteinte de 50 % d'énergies renouvelables dans le mix énergétique. Des mesures financières et des propositions de coercition, comme la conditionnalité des aides à la rénovation à des contrôles a posteriori, seront incluses dans ce travail prospectif


Les exportations de panneaux solaires chinois poursuivent leur croissance Extraits CDE le 16-9 Les exportations de panneaux solaires de la Chine ont augmenté de 34% au 1er semestre 2023 par rapport au 1er semestre 2022. Concrètement, la Chine produirait à l'heure actuelle 8 panneaux solaires sur 10 dans le monde, indique Ember. Et la capacité chinoise de production desdits panneaux pourrait doubler au cours de la prochaine année selon son rapport, grâce notamment à une forte chute des coûts. Près de 58% des panneaux solaires chinois exportés lors des six premiers mois de l'année 2023 ont eu pour destination l'Europe (dont les importations de panneaux solaires chinois ont augmenté quasiment de moitié par rapport au 1er semestre 2022)


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