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Brèves du 04/10/23 Allemagne (encore) - coûts - PPE - etc...

Il est difficile de faire un choix dans la masse d'informations en ce moment.

- Le bras de fer franco-allemand est toujours d'actualité

et il serait urgent d'avancer sur ce sujet pour le bien de toute l'Europe.

DÉCRYPTAGE - Berlin envisage de subventionner la facture des industriels, alors que Paris veut faire profiter les entreprises du faible coût du nucléaire.

Le torchon brûle plus que jamais entre la France et l’Allemagne sur l’énergie, en particulier sur les aides publiques pour en réduire le coût pour les industriels. Mi-septembre, Bruno Le Maire était allé rencontrer ses homologues à Berlin pour leur proposer une «paix des braves» sur cette question qui empoisonne les relations bilatérales depuis des mois. Tout en martelant sa «ligne rouge absolue», le respect du choix français pour le nucléaire. Las, les tensions sont loin d’être retombées - au contraire. L’Allemagne, qui a décidé de sortir du nucléaire, considère implicitement qu’avec cette énergie jugée dangereuse, la France dispose d’un atout concurrentiel dont profitent ses entreprises. En moyenne, les coûts de l’électricité sont deux fois plus élevés outre-Rhin.

Des subventions massives

La France, à l’inverse, bataille depuis plus d’un an pour une réforme du marché européen de l’électricité, dont les prix ne tiennent pas compte du coût de production bon marché du nucléaire. En récession ou stagnation depuis le début de l’année, l’Allemagne est en pleine crise existentielle sur son modèle industriel. «Le gouvernement veut faire quelque chose pour répondre à la peur d’une perte de compétitivité globale», explique Philipp Jäger, économiste au Delors Centre à Berlin.

Depuis cet été, la coalition allemande étudie un dispositif de subventions massives des coûts de l’énergie pour l’industrie. L’idée a été proposée par le ministre Vert de l’Économie, Robert Habeck, de plafonner les coûts de l’énergie à 6 centimes le kilowattheure (soit l’équivalent du prix de revient du nucléaire d’EDF) pour les industries très consommatrices d’énergie, comme la chimie, l’aluminium, le verre, le papier… Soit quelque 2 000 entreprises. Mais le ministre des Finances libéral, Christian Lindner, gardien du temple de l’orthodoxie budgétaire, refuse cette logique.

Le chancelier Scholz, pour sa part, après s’être montré réticent, semblerait avoir évolué en faveur d’une telle mesure, qui pourrait être présentée en octobre. Il s’agirait d’un dispositif temporaire, pour accompagner l’industrie durant la transition climatique jusqu’en 2030, le temps que les énergies renouvelables montent en puissance. Il coûterait environ 30 milliards d’euros. L’Allemagne a les moyens : elle avait mis sur la table une enveloppe de 200 milliards il y a un an pour faire face à la crise énergétique, largement inentamée.

«Reprendre le contrôle»

À Paris, «on suit cela avec la plus grande vigilance», assure-t-on au cabinet de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Cette intention allemande de «subventionner des niveaux de prix en dessous des coûts» risquerait de «distordre la compétitivité de l’industrie européenne», juge-t-on chez la ministre. À l’inverse, le gouvernement français dit, lui, n’aspirer qu’à faire bénéficier ses entreprises des faibles coûts de production de son énergie nucléaire. Mais aussi à pouvoir subventionner le développement de nouveaux réacteurs, ce qui pourrait faire tiquer Bruxelles.

Paris ne semble plus se faire beaucoup d’illusions sur les résultats attendus de la laborieuse réforme du marché européen de l’électricité. D’où le coup d’éclat d’Emmanuel Macron, dimanche soir, qui a annoncé vouloir «reprendre le contrôle du prix de notre électricité», sans entrer dans davantage de détails. «Si on doit faire des choix tout seul, on sait faire. On n’est pas naïf», menaçait-on au ministère de la Transition énergétique, quelques jours avant la sortie présidentielle.

Ces bisbilles franco-allemandes dominent le débat européen et inquiètent ailleurs en Europe. «La question des prix de l’énergie est un sujet crucial dans le débat sur la compétitivité industrielle de l’Europe, explique Simone Tagliapietra, chercheur à l’Institut Bruegel. D’autres pays risquent de ne pas avoir les mêmes moyens que la France et l’Allemagne pour soutenir leurs industries, ce qui pourrait creuser les distorsions au sein du marché unique. Je pense à l’Italie, pays très industrialisé où les coûts de l’énergie sont encore plus élevés qu’en Allemagne, et qui n’a pas beaucoup de marges de manœuvre budgétaires.»

Malgré leurs divergences, Paris et Berlin pourraient faire front commun sur un point à Bruxelles: revendiquer un prolongement du régime d’exception en vigueur sur les aides d’État à l’énergie, censé s’arrêter à la fin de l’année. Des discussions sont en cours avec la Commission pour permettre aux gouvernements de continuer à alléger la facture des entreprises, une condition nécessaire pour que le dispositif évoqué à Berlin puisse voir le jour.

- Saul Bellow (prix Nobel de littérature en 76) : « Une grande quantité d’intelligence peut être investie dans l’ignorance lorsque le besoin d’illusion est profond. »

Cette phrase vient à l'esprit à la lecture de l'article de Ph Charlez "Se suicider sur l'autel de la vertu"

Les États-Unis sont devenus le premier fournisseur de gaz de la France en 2022, année du début de la guerre en Ukraine, devant la Norvège et la Russie, selon BFM Business, qui s'appuie sur les chiffres clés de l'énergie publiés fin septembre par le ministère de la Transition énergétique. Les États-Unis étaient au 9e rang en 2018, la Russie reculant du 6e au 10e rang.

En voulant s’imposer à tout prix une baisse de 55 % de ses émissions à l’horizon 2030, l'Europe se veut championne de la vertu climatique. Hélas, la vertu a toujours un prix exorbitant en termes socio-économiques.

Pour la France, ce coût a été chiffré dans le fameux rapport Pisani-Ferry : accéder au graal des 55 % se fera au prix d’un accroissement stratosphérique de la dette (+25 % anticipés en 2040), de la fiscalité (retour de l’ISF en ponctionnant 10 % du patrimoine des plus aisés) et du déficit de la balance commerciale. Ces investissements en majorité non productifs (équipements principalement produits dans le Sud-Est asiatique) induiraient pour au moins deux décennies davantage de pauvreté, « un passage au purgatoire nécessaire pour accéder à une croissance verte n’émergeant qu’après 2040 », selon France Stratégie.

Le climat est secondaire

D’autant que dans cette démarche, le climat est finalement secondaire. Les émissions de GES [gaz à effet de serre, NDLR] et le réchauffement climatique étant des phénomènes globaux totalement indépendants du lieu d’émission, des approches nationales voire régionales resteront peu efficaces si elles ne s’intègrent pas dans une politique mondiale de décarbonation : « L’effort climatique français n’aura qu’une incidence marginale sur les émissions mondiales et, donc, sur le réchauffement », poursuit le rapport. Marginale signifie nulle, pour un pays comme la France possédant déjà l’un des mix les plus décarbonés du monde ! Comme toujours, les Français les plus modestes seront les « dindons de la farce » : on ne leur demande rien de plus que de se suicider sur l’autel de la vertu. Pas certain qu’ils l’entendent de cette oreille et ne se retrouvent pas sur les ronds-points pour lancer un nouveau mouvement des gilets jaunes. N’oublions jamais que c’est une taxe écologique sur les carburants qui lança les hostilités.

Mais le plus cocasse est que, parallèlement à cette marche forcée vers une vertu vide de sens, l’Europe pactise aujourd’hui… avec le diable. Depuis quinze ans, le Vieux Continent a toujours diabolisé ses ressources potentielles en gaz de schiste, considérant la méthode d’extraction (la fracturation hydraulique) comme infréquentable. Qui se souvient encore de François Hollande déclarant fièrement : « Tant que je suis Président, il n’y aura pas d’exploration de gaz de schiste en France. » Exploration et non exploitation : nous n’étions même pas autorisés à regarder !

Beaucoup plus pragmatiques mais sans doute moins vertueux, les Américains ont adopté la stratégie inverse. Grâce au développement massif de ses gigantesques réserves, le pays de l’Oncle Sam est aujourd’hui autonome en gaz naturel. Ce combustible bon marché a permis aux États-Unis de remplacer, en moins de dix ans, une grande partie de leur génération électrique charbonnière (-56 %) par de la génération gazière : ils ont réduit leurs émissions de 16 % (soit 1,6 % par an, contre 1 % pour les Européens).

Le gaz naturel comme variable d'ajustement

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : importateurs majeurs de gaz naturel au début du siècle, les États-Unis exportent, aujourd’hui, 100 milliards de mètres cubes de gaz de schiste sous forme de gaz naturel liquéfié. Ce « Lucifer des temps modernes » que Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement, cherchait à interdire d’accoster à Dunkerque est aujourd’hui devenu… la première source d’importation gazière en France, mais aussi dans la plupart des pays européens. Pour se libérer des importations russes devenues infréquentables depuis le déclenchement du conflit russo-ukrainien, l’Europe a dû se résoudre à pactiser avec le diable. Un diable produit aux États-Unis à 5$/MBtu et revendu en Europe six fois plus cher. L’Europe est donc pigeonnée de tous les côtés : dépendance gazière atteignant 90 %, gaz et électricité au prix fort et consommation massive de gaz de schiste.

Face à cette situation rocambolesque, le Vieux Continent aurait intérêt à rapidement sécuriser son approvisionnement gazier en regardant, notamment, vers l’Est méditerranéen, mais aussi en accélérant la construction de nouveaux terminaux de regazéification. Elle pourrait aussi relancer sa production nationale. Ainsi, après les Pays-Bas et l’Allemagne, qui ont décidé de relancer au nord de la Frise un projet gazier gelé par les écologistes depuis plus de dix ans, c’est au tour des Britanniques de relancer l’exploitation gazière en mer du Nord. La France pourrait au moins évaluer son potentiel gaz de schiste, reconnu comme l’un des plus importants d’Europe.

N’en déplaise aux écologistes les plus rigoristes, le gaz naturel sera l’inévitable variable d’ajustement du mix énergétique européen au cours des deux prochaines décennies. En 2040, il devrait encore compter pour 25 % de la consommation.



et celui de Transitions et Energies: "Les 5 obstacles majeurs à la transition".

Mais s'agit-t-il d'ignorance?... N'est ce pas plutôt de l'incantation et une fuite en avant?.

Il y a cinq problèmes essentiels à surmonter pour mener à bien la transition énergétique. Michael Liebreich, le fondateur du think tank Bloomberg NEF (Bloomberg New Energy Finance), les a surnommés les cinq cavaliers de l’apocalypse. Il s’agit de la réalité des différences de coûts, elles sont considérables, entre énergies renouvelables et énergies fossiles, de la nécessité d’investir des sommes folles pour développer les réseaux électriques, des besoins gigantesques en minéraux et métaux dits stratégiques, de l’acceptabilité sociale et politique d’une transition qui est un appauvrissement et pour finir du jeu inévitable de la corruption et des lobbys quand un tel bouleversement ne peut être initié que par les Etats et les institutions internationales.

L’an dernier, 82% de l’énergie primaire consommée dans le monde était d’origine fossile. La transition énergétique consiste à substituer à ses carburants des sources d’énergie bas carbone pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Voilà le seul et unique objectif du fameux scénario net zero qui doit amener l’humanité à stabiliser la quantité de CO2 dans l’atmosphère d’ici 2050. C’est un objectif évidemment légitime mais quasiment impossible à atteindre. Il faut mesurer l’ampleur et l’échelle des transformations à mener et l’appauvrissement que cela représente. Il s’agit de remplacer des équipements et des technologies matures et rentables par d’autres qui ne le sont pas ou beaucoup moins et renchérir ainsi le prix de l’énergie. Et il faut ajouter que l’échelle de temps des investissements et des équipements énergétiques n’est pas l’année ou même la décennie mais le demi-siècle. Les réseaux électriques, les centrales, les barrages ont des durées de vie supérieures à 50 ans et ne sont souvent rentables que passé cette échéance. Tout cela pour dire que la transition énergétique est une tâche indispensable mais complexe, longue et périlleuse et que ceux qui parient sur une décarbonation rapide de l’économie mondiale se font des illusions ou prennent leurs désirs pour la réalité.

Il y a cinq raisons pour ne pas croire à une transition en moins de 30 ans qui sont développées dans un article de Michael Liebreich, le fondateur du think tank Bloomberg New Energy Finance (Bloomberg NEF). En fait, il compte écrire deux articles, un volontairement pessimiste qu’il vient de publier et un autre volontairement optimiste, qui devrait suivre. Voilà les cinq problématiques qu’il met en avant.

1 La réalité économique

La transition passe obligatoirement par l’électrification massive des usages, directement et indirectement (hydrogène, carburants synthétiques…) et le recours pour la produire aux renouvelables (notamment éolien et solaire) avec leurs limites physiques… souvent niées. Au cours de la dernière décennie l’éolien et le solaire sont devenus les moyens les moins coûteux de produire de l’électricité… sauf qu’ils sont incapables de le faire en permanence quand il n’y a pas de vent et pas de soleil.

Comme l’écrit Michael Liebreich, « dans une économie future fortement dépendante de l’électricité, la résilience est cruciale… S’il devrait être possible d’atteindre 90% d’énergie renouvelable, les derniers 10% pourraient coûter aussi cher que les premiers 90%. Il y a des moments où l’éolien et le solaire s’arrêtent presque complètement pendant des semaines, ne fournissent pas assez d’électricité pendant des mois ou s’affaiblissent pendant des années. Pour assurer une véritable résilience, les batteries seules ne suffiront pas. Nous aurons besoin d’une combinaison de surcapacités renouvelables, de multiples interconnexions à longue distance, de beaucoup plus de bioénergie, d’énergie nucléaire et de stockage par pompage, ainsi que d’un stockage de longue durée de l’hydrogène ou de ses dérivés. À l’heure actuelle, nous ne disposons ni des cadres réglementaires ni du soutien politique nécessaires pour financer ces solutions… ».

L’autre problème peu souvent évoqué est la compétitivité réelle des nouvelles technologies. La baisse des prix assez spectaculaire de l’éolien et du solaire ne doit pas faire illusion. Les technologies de la transition ne seront pas compétitives avant de nombreuses années et n’ont aucune chance de se développer et encore moins de s’imposer sans des subventions massives et des avantages réglementaires tout aussi massifs. « Laissé à lui-même, le processus de décarbonisation de l’économie pourrait durer jusqu’à la fin de ce siècle. »

Michael Liebreich donne un bon exemple de ce problème de compétitivité avec le gaz naturel. Même à des prix aujourd’hui élevés, c’est une source de chaleur pour l’industrie sans équivalent. Elle revient à 2,70 dollars par million de BTU (British Thermal Units). Pour obtenir un coût équivalent avec de l’électricité, il faudrait que le prix de gros du mégawatt heure soit de 9 dollars. Il est aujourd’hui en Europe autour de 50 euros… Remplacer le gaz par de l’hydrogène décarboné, fabriqué par électrolyse avec de l’électricité bas carbone, n’arrange rien. Il faudrait pour être compétitif que le coût de l’hydrogène soit de 31 cents par kilo. Les prévisions les plus optimistes n’imaginent pas un prix de l’hydrogène vert à moins de deux dollars ou deux euros le kilos avant des décennies…

La seule solution est que les prix de l’électricité renouvelable soient encore divisés par cinq, que ceux de l’hydrogène soient divisés par sept ou que le prix de la tonne de carbone dépasse 200 dollars partout dans le monde.

Troisième problème, l’électricité renouvelable, les batteries et les véhicules électriques ne sont que d’éventuelles technologies de l’avenir pour la plupart des pays au monde. « L’énergie propre, qui implique presque toujours des coûts d’investissement plus élevés suivis de coûts de carburant et de maintenance plus faibles, n’est bon marché que si vous avez accès à des capitaux bon marché. C’est très bien si vous êtes en Europe, au Japon, en Corée du Sud ou aux États-Unis et que votre coût du capital est de 6%, mais pas si vous êtes dans le un pays du sud et que votre coût du capital est de 15%. L’AIE [Agence internationale de l’énergie] a souligné que l’investissement dans la transition dans les pays en développement, à l’exclusion de la Chine, doit passer de 770 milliards de dollars à 2,8 mille milliards de dollars par an d’ici le début des années 2030 pour que le monde reste sur la voie d’un réchauffement de 1,5 degré Celsius. D’où viendra cet argent? »

2 Les infrastructures électriques vont devoir totalement changer de dimension

On sous-estime totalement les conséquences pour le réseau électrique de la multiplication des productions moins intensives et bien plus réparties sur le territoire provenant des renouvelables, des stockages par batteries et hydrogène et des SMRs (petits réacteurs nucléaires modulables).

Bloomberg NEF a calculé que pour atteindre net zero, dans 30 ans ou dans 50 ans, il faudra investir 21,4 mille milliards de dollars dans l’amélioration et le développement des réseaux électriques. Pourquoi tant de nouvelles lignes ? Tout simplement parce que la part de l’électricité dans la consommation d’énergie, l’électricité n’est pas une source mais un vecteur d’énergie, devra passer dans le monde d’environ 20% aujourd’hui (27% en France l’an dernier) a au moins 70%. Si on y ajoute la croissance économique, notamment en Asie et en Afrique, il faudra transporter jusqu’au consommateur trois fois plus d’électricité qu’aujourd’hui.

« Une part bien plus importante de l’électricité produite à l’avenir sera d’origine éolienne et solaire. Les centrales électriques traditionnelles sont construites le long des côtes ou des rivières, tandis que la grande majorité de l’électricité éolienne et solaire proviendra des zones rurales, des déserts et des océans. Cela représente un grand nombre de nouveaux tracés de câbles. De plus, l’énergie éolienne et solaire étant variable, nous aurons besoin d’une capacité de production excédentaire pour garantir une offre constante sur le réseau, ainsi que d’une capacité de réseau excédentaire pour transporter la production jusqu’aux utilisateurs… L’ampleur du défi est difficile à appréhender. À titre d’exemple : en mai 2023, la société qui gère le réseau électrique du Royaume-Uni a estimé que pour atteindre l’objectif net zéro fixé par le gouvernement pour 2035, il faudrait construire cinq fois plus de lignes élcectrique d’ici 2030 que ce qu’elle a construit au cours des trois dernières décennies. »

L’industrie est incapable de le faire. Partout dans le monde, elle manque de câbles, de transformateurs, de chefs de projet, d’ingénieurs, d’électriciens, de matériel de transport… Une dimension de la transition qui a totalement échappé aux décideurs politiques.

3 Où trouver les quantités de minéraux et de métaux stratégiques indispensables ?

Selon les estimations de Bloomberg NEF, le secteur de l’énergie aura besoin pour parvenir au graal du net zero de cinq fois plus de matières premières en 2040 qu’aujourd’hui. Les véhicules électriques utilisent six fois plus de minéraux que les véhicules à combustion interne ; les énergies renouvelables et nucléaire trois à douze fois plus que les centrales à charbon ou au gaz et d’énormes quantités de cuivre et d’aluminium seront nécessaires pour construire et développer les réseaux électriques.

« La demande de lithium par l’industrie énergétique devrait être multipliée par 14 d’ici à 2050. Celle de terres rares utilisées dans les éoliennes et les véhicules électriques devrait être multipliée par 11. La demande de cuivre sera multipliée par six et celle de cobalt doublera. »

Les investissements miniers augmentent rapidement mais ne sont pas aujourd’hui à la hauteur des besoins et s’ils le sont quelles seront les conséquences environnementales ?

4 La question politique et sociale

La France est bien placée, après avoir connue la révolte des Gilets Jaunes, pour savoir que sans acceptation sociale la transition énergétique n’aura pas lieu. Le conflit entre la fin du mois et la fin du monde n’est évidemment pas seulement français. Dans de nombreux autres pays européens, aux Pays-Bas, en Suède, en Allemagne, en Hongrie, en Italie… l’opposition politique à la transition et surtout à son coût économique et social grandit.

Au Royaume-Uni, devant l’envolée des prix de l’énergie, le Premier ministre conservateur Rishi Sunak a fait machine arrière sur les engagements de son parti et des précédents gouvernements en faveur d’une réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre.

Aux Etats-Unis, si les Républicains gagnent les prochaines élections présidentielles, il est très vraisemblable que l’engagement de l’administration Biden en faveur d’une accélération de la transition soit remis en cause. Et dans les pays en développement, le progrès matériel est de loin, et logiquement, la principale priorité.

En 2022, le Pew Research Center a interrogé des personnes dans 19 pays en développement et 75% d’entre elles considéraient que le changement climatique constituait une menace majeure. Mais quand IPSOS a demandé dans les mêmes pays aux personnes de citer leurs plus grandes préoccupations, le changement climatique n’est arrivé qu’en neuvième position, loin derrière l’inflation, la pauvreté, le chômage, la criminalité, la corruption, la santé et les impôts.

5 Corruption, lobbys et réglementations publiques

Par construction, il y a et aura des gagnants et des perdants à la transition. Et on peut compter sur les uns et les autres pour tenter de modifier sans cesse en leur faveur les règles du jeu, c’est-à-dire les réglementations, lois, contraintes, aides, subventions, pénalités, investissements publics…

Comme la transition nécessite des investissements de très long terme qui ne peuvent être initiés et enclenchés que par les Etats, le capitalisme dit de connivence (crony capitalism) entre intérêts privés et puissance publique ne peut que s’immiscer. Ce qui est évidemment déjà le cas à Washington comme à Bruxelles. Et on peut aussi compter sur les intérêts extrêmement puissants économiques et géopolitiques des producteurs d’énergie fossile pour retarder et compliquer les échéances. C’est déjà le cas.


- Décarbonation en France et en Europe, l’Académie des Technologies se rebiffe

L'Académie des technologies en mai dernier avait donné un avis très sévère sur la manière dont est envisagée la transition énergétique. (en annexe) À lire absolument. Le mur des réalités et des coûts est devant nous... https://www.transitionsenergies.com/decarbonation-academie-technologies-se-rebiffe/

Après l’étonnante apathie qui a suivi l’annonce la semaine dernière par la Première ministre, Elisabeth Borne, du plan de décarbonation accéléré du gouvernement, à la fois irréaliste et construit sur des hypothèses techniques, financières et sociales douteuses, des voix commencent à s’élever pour dénoncer une stratégie française et européenne qui mène à l’échec. L’Académie des Technologies, qui n’a pas l’habitude de se mêler directement au débat public, tire la sonnette d’alarme dans un avis publié à la fin de la semaine dernière. Cette institution publique indépendante, qui rassemble les meilleurs experts français des technologies et des sciences appliquées dont quatre Prix Nobel, ne peut pas être traitée à la légère comme l’ont été pendant de nombreuses années ceux qui ont dénoncés, à juste raison, des politiques énergétiques absurdes et dangereuses menées en France comme en Europe. Elles l’avaient déjà été notamment par Elisabeth Borne et par le président de la République Emmanuel Macron.

L’Académie des Technologies, institution publique indépendante qui rassemble les meilleurs experts français des technologies et des sciences appliquées dont quatre Prix Nobel, n’a pas pour habitude de se mêler directement au débat public. Si elle le fait, via un avis publié le 25 mai, c’est qu’elle considère que l’heure est grave après l’annonce la semaine dernière par la Première ministre Elisabeth Borne d’un plan de décarbonation accéléré de l’économie française qui a pour caractéristiques d’avoir des objectifs totalement irréalistes (réduire les émissions de gaz à effet de de 50% d’ici à 2030 par rapport à 1990) et d’être un catalogue de mesures qui ne sont ni financées ni maîtrisées sur le plan technique, économique et social.

« Les trajectoires projetées ne sont ni crédibles, ni techniquement réalisables, ni même optimales sur le plan climatique, puisqu’elles risquent à la fois d’empêcher l’Europe d’atteindre la nécessaire neutralité carbone en 2050, et de saper encore plus sa souveraineté énergétique », alerte Dominique Vignon, qui préside le pôle Énergie de l’Académie.

Mensonges et faux-semblants L’Académie des sciences dénonce des politiques européennes qui non seulement ne permettront pas d’atteindre les objectifs imposés totalement irréalistes de décarbonation (-55% par rapport à 1990 selon la Commission) et qui mettront à genoux les économies européennes. Elle appelle la France à résister à ses diktats et à mettre en place une transition énergétique réellement efficace, construite sur les faits et les réalités et qui a une chance de réussir en ne s’aliénant pas, en plus inutilement, une grande partie de la population.

Le texte de l’Académie est explicite : «la France par le traité de Lisbonne a confié sa politique énergétique à l’Union européenne, tout en se réservant le choix de son mix énergétique et en exigeant de l’Union qu’elle assure la sécurité d’approvisionnement. Les termes de cet accord ne sont cependant pas respectés par l’Union. Il convient de le rappeler d’autant plus fortement que l’enjeu est essentiel : il s’agit tout simplement de l’indépendance et de la compétitivité de l’économie nationale. La solution est simple ; dans le strict respect des traités, il faut obtenir que l’Union se concentre sur l’objectif qui lui est assigné : décarboner le secteur de l’énergie, en laissant aux États membres le choix des moyens. » L’institution appelle aussi à ce que la sécurité énergétique « cesse d’être une incantation » et redevienne un objectif.

Elle démonte les mensonges et les faux-semblants de la politique énergétique européenne et française. « La politique européenne de l’énergie est une construction tardive, opportuniste et peu efficace… Les objectifs de réduction de gaz à effet de serre ont été largement dépassés en 2020 (plus de 30% contre 20% visés) ; mais ils ne concernent que les émissions de source européenne. Si on y ajoute le CO2 nécessaire à la production des biens importés diminué du CO2 contenu dans les biens exportés, les émissions européennes de CO2 augmentent. Même en s’en tenant aux émissions du seul espace européen, on voit mal comment l’Europe pourrait accélérer pour passer d’une réduction de -30 % de ses émissions de CO2 sur trente ans (1990-2020) à 20% supplémentaires en quelques années, d’aujourd’hui à 2030. Mais l’échec principal de la politique énergétique de l’Union concerne sa sécurité d’approvisionnement. Alors que le traité de Lisbonne « demandait à l’Union dans un esprit de solidarité entre les États membres d’assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique », les prix du pétrole et du gaz en Europe se sont envolés dès mi-2020, très largement du fait de la dépendance de l’Europe au pétrole et gaz russe. Ce n’est pas la mise en œuvre de la politique européenne de l’énergie qui a échoué : pour l’essentiel les objectifs sur lesquels l’Union s’est focalisée ont été atteints. L’échec global résulte donc d’un mauvais choix des objectifs, et d’une mauvaise articulation entre eux », écrit la société savante.

Des incantations sans se donner les moyens juridiques, administratifs, culturels, financiers Concernant le plan de décarbonation du gouvernement, dans un entretien au Point, Dominique Vignon et Denis Ranque, le Président de l’Académie des Technologies, dénoncent « l’incohérence entre les incantations à aller plus vite, et le fait qu’on ne s’en donne pas les moyens, juridiques, administratifs, culturels, financiers… ». Ils soulignent aussi l’incompréhension par le gouvernement de l’inertie des réalités énergétiques et de l’échelle des transformations à mener. « Une politique énergétique est comme un porte-avions, il est illusoire de tabler sur des changements radicaux en sept ans. Prenons un seul exemple, celui des transports, le secteur le plus émetteur en France. Le plan présenté par la Première ministre prévoit de faire baisser les émissions des transports de 129 millions de tonnes de CO2 en 2022 à 92 millions de tonnes en 2030. Comment faire ?»

Mais les institutions européennes sont la principale cible de l’Académie. « L’UE [Union européenne »] se concentre sur les moyens, à savoir le développement des énergies renouvelables dont la part devra dorénavant atteindre au moins 42,5% de la consommation d’énergie en 2030, au détriment de l’objectif, qui devrait être la décarbonation », explique Dominique Vignon. Dans son avis, la société savante s’en prend tout particulièrement à la Directive européenne dite RED III qui a fait l’objet d’un consensus entre les trois organes européens (Commission, Conseil, Parlement). Elle vise à Accroître la part des énergies renouvelables (32% en 2030 selon la directive RED II passée à 42,5% avec RED III et si possible 45%). Le Parlement, vaguement conscient qu’une telle ambition et un tel changement d’objectif si près de la date fixée pour l’atteindre est illusoire, avait même introduit une disposition permettant de produire de l’hydrogène dit « vert » à partir d’électricité issue de la combustion du charbon ou du gaz ! Un amendement qui a été abandonné et montre comment la politique énergétique européenne en roue libre n’a plus rien à voir avec la décarbonation. Quant à la souveraineté énergétique… Les institutions européennes en sont à organiser et imposer les importations d’hydrogène. Selon les vœux du Parlement, chaque État membre doit présenter à la Commission sa stratégie d’importation « Au total, au lieu de reconnaître l’échec de la politique en place, on amplifie sa mise en œuvre », écrit l’Académie des Technologies.

« L’Europe doit laisser les Etats décider de leur mix énergétique »

L’institution appelle aujourd’hui à un sursaut à l’échelle européenne et un changement radical de politiques. « La politique européenne de l’énergie doit être ancrée dans les objectifs fixés par les traités et au premier chef doit viser la décarbonation de l’économie —les énergies renouvelables n’étant qu’un moyen parmi d’autres— et la sécurité d’approvisionnement. En pratique, l’Union doit laisser les États décider de leur mix énergétique, en laissant une chance égale aux énergies renouvelables et aux autres énergies décarbonées, dont le nucléaire, et assigner aux États membres un objectif d’autonomie énergétique pour accroître la sécurité d’approvisionnement… le nucléaire reste discriminé par rapport aux énergies renouvelables. La production nucléaire n’entre pas dans l’évaluation de l’atteinte des objectifs de production de la Commission, et ne bénéficie pas des soutiens mis en place pour les énergies renouvelables. De facto, ceci est contraire au principe de subsidiarité et à la reconnaissance que les États membres ont le libre choix de leur mix énergétique. Les objectifs de décarbonation devraient fixer les pourcentages d’électricité bas carbone et non les pourcentages d’électricité renouvelable… Alors que le mix énergétique futur fera une part croissante à l’électricité, seul vecteur pouvant être décarboné et se substituer au charbon et au gaz, la vraie question est de produire suffisamment d’électricité bas carbone pour « décarboner » l’économie


NB le texte complet de l’avis de l’Académie des Technologies (mai 2023) est sur le site de la Fédération Vent Contraire en Touraine et Berry.

- Une information financière importante pour comprendre la situation concernant les EnR

aujourdhui@ml.votre-info-finance.com Énergies renouvelables et taux d'intérêt La hausse des taux d'intérêt affecte un à un des pans entiers de l'économie. Pour certains secteurs, l'impact est aisément compréhensible : c'est le cas, par exemple, de l'immobilier. Pour d'autres, la relation de cause à effet est moins évidente. Explications.


ON NE PASSE PAS...

...d'un monde à taux négatifs à un monde à taux supérieurs à 4% sans que cela ait des conséquences majeures sur l'économie et sur des secteurs d'activité. C'est une évidence. C'était d'ailleurs un des thèmes du C'est Votre Argent du week-end dernier. Les économistes nous ont expliqués comment la hausse des taux se répercutait dans l'économie.


DIRECTE ET INDIRECTE

La hausse des taux se diffuse sur la consommation des ménages, sur le pouvoir d'achat, sur la capacité d'investissement des entreprises, sur le budget des États surendettés. Elle atteint de façon directe et fulgurante des secteurs dépendant de l'emprunt comme l'immobilier. Mais elle atteint également, de manière indirecte, des secteurs qu'on n'imaginait pas forcément sensibles. C'est le cas du secteur de la transition écologique et en particulier des énergies renouvelables.


20,2% DE BAISSE EN 2 MOIS

C'est la performance de l'indice de référence du secteur des énergies renouvelables. Le S&P Global Clean Energy Index. Un indice, comme le rappelle le Financial Times, qui regroupe les 100 plus grosses sociétés du solaire, de l'éolien et des autres énergies renouvelables. C'est la plus mauvaise performance depuis 2013.


ÉTONNANT CONTRASTE

L'indice S&P Energy qui est fortement pondéré en valeurs pétrole et gaz, et autres énergies fossiles tant décriées est lui en hausse de 6%. La défense de l'avenir de la planète a coûté beaucoup d'argent aux investisseurs. Et mieux vaut ne pas évoquer les fortunes gagnées par quelques fonds qui se sont émancipés totalement des contraintes ESG (Environnement Social Gouvernance) et ont investi massivement sur le charbon...


LA HAUSSE DES TAUX D’INTÉRÊT...

...explique en partie la désaffection pour le secteur. Le secteur des énergies renouvelables est en effet un secteur d'investissement à (très) long terme. Et les entreprises du secteur sont frappées à la fois par la hausse des coûts de développement de leurs projets. Et à la fois par la hausse du coût de financement, massivement par emprunt, de leurs projets. Certaines entreprises affichent donc des pertes qui effraient les investisseurs.


ET POURTANT Le secteur est, qui peut le contester encore, un secteur d'avenir. Il faudra donc être patient et faire le dos rond pendant les tempêtes de vents boursiers et les épisodes de canicules sur les valeurs.

- Une information sur les projets de loi à venir. En clair, la PPE (Programmation Pluriannuelle de l'Énergie) n'est pas votée à ce jour. Aujourd'hui on parle d'objectifs et de prévisions.


La PPE

La ministre de la Transition énergétique a annoncé l’intention du gouvernement de présenter deux projets de loi sur le nucléaire d’ici la fin de l’année. Une première réforme devrait porter sur la sûreté nucléaire, la seconde sur le climat doit aussi permettre de « conserver parmi les prix les plus bas d’Europe de l’électricité », selon Agnès Pannier-Runacher. Publié le 26/09/2023 à 11:49 Mis à jour le 26/09/2023 à 11:49 « A moyen terme, je porterai deux lois dans les mois à venir pour réformer la gouvernance de notre système de sûreté nucléaire et pour reprendre le contrôle sur les prix de notre électricité, plus largement sur l’énergie et le climat », a indiqué la ministre lors d’un briefing presse. Le premier projet de loi devrait relancer la fusion de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Enterrée par les députés, l’idée d’une fusion de l’ASN et de l’IRSN était remise sur la table par un rapport de l’Office d’évaluation des choix scientifiques et technologiques et envisagée pour la fin de l’année. Le second projet de loi vise à « mettre en place un dispositif pérenne qui permette de conserver parmi les prix les plus bas d’Europe tout en empêchant l’envolée des prix qu’on a connue ces derniers mois, contenus par le dispositif d’urgence qu’est le bouclier », précise la ministre. La programmation pluriannuelle de l’énergie doit également être intégrée au texte, Agnès Pannier-Runacher « table sur le doublement de la production en matière de photovoltaïque et en matière de biogaz. » La ministre mise sur une « stabilisation de la trajectoire d’éoliennes terrestres sur le rythme 2022 » et « sur l’accélération des éoliennes marines pour pouvoir lancer un appel d’offre majeur fin 2024, début 2025. » Un « rehaussement des investissements dans les stockages types batteries ou STEP » est également souhaité par la ministre. « Nous intégrerons la relance du nucléaire avec EDF qui a un objectif managérial de 400 TWh de production » Suite aux annonces d’Emmanuel Macron, le nucléaire doit jouer un rôle majeur dans la planification écologique. « Dans cette programmation, nous intégrerons la relance du nucléaire avec EDF qui a un objectif managérial de 400 TWh de production » ajoute la ministre, même si le gouvernement retient plutôt « 360 TWh par prudence. » L’exécutif observe la même prudence sur les objectifs de production des énergies renouvelables en tablant sur des chiffres un peu inférieurs à ceux annoncés par les filières concernées. Une précaution nécessaire pour Agnès Pannier-Runacher qui ne veut pas « mettre le système en danger par des objectifs surestimés. » Le cabinet de la ministre a indiqué à l’AFP, à propos des énergies renouvelables, qu’un « grand débat de six mois » devrait s’ouvrir « en novembre » sur les « quatre façades maritimes. » Toujours selon le cabinet de la ministre, « cela devrait permettre de gagner à peu près deux ans par rapport aux procédures actuelles. » « La stratégie que nous avons validée aujourd’hui […] permettra de mettre en consultation notre politique pluriannuelle de l’énergie dès octobre, d’avoir des réunions politiques en octobre et novembre sur le déploiement de l’éolien en mer, qui permettra de lancer le débat public sur l’éolien en mer, et qui nous permettra de tenir l’objectif des appels d’offres sur l’éolien en mer à l’horizon fin 2024, ce qui est absolument clé, et d’avoir une loi sur la production d’énergie pour le mois de décembre », déclarait Emmanuel Macron, lundi 25 septembre, pour donner un aperçu du calendrier législatif.



Tempête dans l’éolien, épreuve pour la transition énergétique

26 sept. 2023 (mis à jour: 26 sept. 2023) EXTRAIT

Au moment où le secteur doit investir massivement pour répondre à la demande attendue, la flambée des taux d’intérêt et des coûts des matériaux vient le rattraper, au point de le conduire à suspendre des projets… et à ralentir la transition énergétique.

Alors que les climatologues exhortent à agir d’ici à 2030 pour éviter les pires effets du réchauffement climatique, les mises en service de projets éoliens dans le monde ont reculé de 15 % en 2022, selon BloombergNEF.

Dans l’offshore, l’Europe, pionnière, a installé au premier semestre 2023 2,1 gigawatts (GW) de capacités, qui atteignent désormais un total de 32 GW, selon WindEurope. Mais pour réaliser les 120 GW visés en 2030, elle devrait poser en moyenne l’équivalent de 11 GW par an, souligne l’association professionnelle.

Or les nuages s’amoncellent. D’abord l’envolée des taux d’intérêt : dans l’éolien terrestre, le coût de l’emprunt représente aujourd’hui « 8-10 euros/MWh sur un prix de 60-65 euros ! » souligne Michel Gioria, de France Renouvelables. Ces infrastructures supposent des investissements de départ importants, financés par emprunts, rappelle-t-il.


Après une décennie de retard, l’Allemagne entame enfin la construction du projet de lignes électriques haute tension SuedLink, indispensable à l’approvisionnement en électricité du sud du pays.

S’ajoute à cela l’inflation sur les matières premières : acier, aluminium, matériaux composites…

Le prix moyen d’une éolienne terrestre est ainsi passé de 2,4 millions d’euros en janvier 2021 à 3,2 millions, selon France Renouvelables.

Dans l’offshore, plusieurs projets, remportés avant l’envolée des coûts, ont été suspendus, comme le Trollvind du norvégien Equinor. Idem pour le suédois Vattenfall et son Norfolk Boreas (1,4 GW) en mer du Nord britannique, quand les déconvenues du danois Orsted dans ses projets américains lui valaient dépréciations et dégringolade boursière.

Ce contexte affecte aussi les cinq fabricants européens de turbines, qui depuis des années ont du mal à sortir du rouge.

Le danois Vestas, longtemps premier mondial avant d’être détrôné par le chinois Goldwind, a encore subi une perte au 2ème trimestre. Les commandes sont en hausse de 8 % sur un an, mais le constructeur, qui emploie 29 000 personnes dans le monde, se dit prudent pour la suite devant les incertitudes géopolitiques, l’inflation et la lenteur des processus d’autorisation.

Coup de semonce, début septembre : un appel d’offres britannique dans l’offshore n’a trouvé aucun candidat, Londres n’offrant pas de prix jugé suffisamment rentable.

« Il va falloir des mesures de soutien et une révision des mécanismes d’enchères pour relancer les investissements dans l’éolien en mer », souligne Rystad Energy.

« Des pays, comme la France, ont des mesures d’indexation. Mais le refus de la Grande-Bretagne menace sa position de leader » estime WindEurope, pour qui indexer rendrait l’éolien en mer « certes légèrement plus cher, mais il resterait toujours moins cher » que l’essentiel des autres énergies et plus stable que les ressources fossiles.


La capacité de production des énergies renouvelables de la Pologne augmente, mais la production d’électricité et de chaleur du pays est toujours dominée par le charbon et constitue la plus grande part de ses émissions, selon un rapport du groupe de réflexion polonais Forum Energii.

« Concurrence déloyale » Pour le secteur, cette crise arrive à un moment charnière, où il doit construire usines de turbines et de câbles, s’équiper en navires spécialisés pour pouvoir répondre aux ambitions de décarbonation de l’électricité.

Déjà, des tensions apparaissent dans l’approvisionnement. Ainsi le parc de Noirmoutier a dû commander des fondations de Chine, faute de fabricants européens disponibles.

Présente en Europe dans l’éolien terrestre, la Chine l’est encore peu dans l’offshore, mais elle a déjà fourni en 2022 le premier parc italien.

« L’avenir de notre industrie des technologies décarbonées doit se construire en Europe », a dit la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, en promettant mi-septembre des mesures à venir pour l’éolien.

« La pérennité de l’industrie éolienne en Europe est en jeu, s’il n’y a pas changement de braquet des États, en quelques années elle peut être balayée » répond le directeur politique de WindEurope Pierre Tardieu.

Le secteur demande un soutien à l’investissement, aussi pour les réseaux, les infrastructures portuaires et un volet contre « la concurrence déloyale ». Il réclame que le facteur prix, qui représente 70 % de la notation dans le marin, et plus encore dans le terrestre, fasse de la place à d’autres critères (RSE, contenu local…). Sans oublier l’accélération des autorisations, toujours un frein majeur avec, selon la filière, quelque 80 GW de projets bloqués prêts à être déployés sur le continent.



- Plusieurs brèves sur les sujets à suivre.

Un complexe agrivoltaïque de 1 300 hectares et 1 200 MW autorisé en Lot-et-Garonne

EXTRAIT GREEN UNIVERS Par Jean-Philippe Pié

26 septembre 2023

Les surfaces des centrales solaires sur les terres agricoles seront-elles limitées entre 10 et 15 hectares, comme l’assure la FNSEA par la voix de son responsable climat-énergie ? Dans le Lot-et-Garonne, un ensemble agrivoltaïque de 1 200 MW sur 1 300 hectares révélé en 2018, il est vrai répartis dans une dizaine de centrales et sur le territoire de six communes, a franchi le cap de l’approbation des CDPenafs*, obtenu les permis de construire et même franchi les derniers recours juridiques


L’appel d’offres solaire au sol fait le plein EXTRAIT GREEN UNIVERS Par Thomas Blosseville -

26 septembre 2023

Le gouvernement a sélectionné les projets lauréats de la quatrième période de l’appel d’offres solaire au sol. Et contrairement aux précédentes, cette édition a fait le plein. Un volume exceptionnellement porté à 1,5 GW pour rattraper le retard était visé.


Le prix des panneaux solaires s’effondre, une loi protectionniste espérée

Par Jean-Philippe Pié EXTRAIT GREEN UNIVERS

27 septembre 2023

@Jinko Solar

Le prix des panneaux photovoltaïques continue à s’effondrer. “En moyenne, le prix des modules toutes catégories confondues a subi une correction à la baisse de 10% le mois dernier”, calcule le grossiste allemand PVXchange. Il estime que depuis janvier, la chute dépasse les 30% et que le prix évoluerait autour de 0,20€ par watt. En fait, pour les moyennes et grandes centrales, il serait déjà bien inférieur et aurait été divisé par deux en un an, pour tangenter les 0,15€/W, selon les estimations

Commentaires : Fondée en 2006 en Chine, Jinko Solar est le plus grand fabricant de panneaux solaires au monde. En moyenne, la part représentée par le pays dans la chaîne mondiale de production (toute étape confondue) est passée de 55 % en 2010 à 84 % en 2021. La Chine reste également en tête en matière d'investissements, puisqu'elle représente près des deux tiers des investissements mondiaux dans l'énergie solaire (Source Statistat) Comment l’industrie européenne peut-elle lutter ?.. Remplacer une dépendance par une autre/ après le gaz russe l’éolien et le solaire chinois


Un grand parc éolien terrestre écossais stoppé par manque de financement

Extrait GREN UNIVERS Le 28/9

“Nous avons étudié les modèles financiers et nous n’arrivons pas à avoir le rendement nécessaire pour répondre aux exigences des banques pour le financement”. Cet avertissement devenu une litanie dans l’éolien en mer concerne cette fois un parc éolien terrestre. Dans un communiqué, le développeur écossais Community Windpower annonce la suspension du développement du parc éolien de Sanquar II Commentaires, ce projet accordé fin août 2023 comprend 44 éoliennes


L'impact du parc éolien en mer de Dunkerque remis en question Extrait GREEN UNIVERS le 28 /9

L’autorité environnementale (AE) - instance publique qui évalue l’impact des projets qui lui sont soumis - demande une analyse plus approfondie des effets du parc éolien en mer de Dunkerque sur le milieu naturel. Elle suggère notamment de “revoir certaines mesures de compensation qui, en l’état, ne permettent pas d’assurer l’absence de perte de biodiversité


Gaz naturel/ Groningue c’est bel et bien fini Extrait transitions et énergies le 29-9 NB : La Hollande arrête l’exploitation du gaz à Groningue le 1/10/23

Pour en revenir au présent, l’Europe n’est pas aussi démunie de ressources naturelles qu’elle a fini par le croire. Elle a dans son sous-sol à Groningue mais aussi sous forme de gaz de schiste en Allemagne et en France notamment, même s’il est presque interdit de le faire savoir, des ressources de gaz très importantes. Mais elle se refuse à les exploiter et préfère importer le gaz à des prix très élevés et abandonner une partie de sa souveraineté et de son indépendance énergétique plutôt que d’affronter le risque politique de le récupérer dans son propre sol.



CEREME

Transition énergétique : la ministre annonce sa feuille de route – 27.09.23

La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé les grandes lignes de la feuille de route du gouvernement pour les prochains mois en matière de transition énergétique. Elle a souligné l'importance de la sobriété énergétique et de l'accélération du développement des énergies renouvelables. Les objectifs incluent le doublement de la production photovoltaïque et de biogaz, la stabilisation de l'installation d'éoliennes terrestres au rythme de 2022, et un débat national sur l'éolien en mer pour atteindre 18 gigawatts en production d'ici 2035. De plus, la ministre a confirmé la relance du nucléaire, avec la construction de 6 EPR 2 et la préparation d'un second palier équivalent à 8 nouvelles tranches. Un projet de rapprochement entre l'IRSN et l'ASN est également envisagé pour réformer la gouvernance du système de sûreté nucléaire. (Techniques de L’ingénieur)


PLF 2024 : 5 chiffres à retenir sur le volet environnemental du prochain budget de l'Etat – 27.09.23

Le budget 2024 de la France pour la transition écologique s'élève à 40 milliards d'euros, soit une augmentation de 10 milliards par rapport à 2023. Cela comprend des fonds pour l'énergie, la rénovation des bâtiments, la mobilité, l'investissement vert local, la biodiversité, l'eau, et diverses initiatives. MaPrimeRénov' bénéficiera de 5 milliards d'euros pour la rénovation énergétique des logements, tandis que 1,5 milliard d'euros seront alloués pour le verdissement des véhicules. De plus, 760 nouveaux emplois seront créés au sein des ministères de la Transition écologique et de la Transition énergétique. Pour financer ces dépenses, le gouvernement compte sur des économies ailleurs dans le budget et la fin des niches fiscales "brunes". (Challenges)


France Renouvelables et l’Association des Maires Ruraux de France signent leur premier partenariat – 22.09.23

France Renouvelables (anciennement France Energie Eolienne) et l'Association des Maires Ruraux de France (AMRF) ont signé un partenariat pour renforcer la coopération entre la filière des énergies renouvelables et les élus locaux des territoires ruraux. Cette collaboration vise à promouvoir la planification territoriale des énergies renouvelables, la concertation, et la maximisation des avantages pour les collectivités locales et les riverains. Elle comprendra également des projets communs tels que les Trophées des élus d'Eole et la publication "Paroles d'élus" sur le développement des énergies renouvelables. (Communiqué de presse France Renouvelables)


Pour Paris, le Conseil Énergie du 17 octobre peut être décisif pour débloquer les négociations sur la réforme du marché de l’électricité – 26.09.23

La France maintient un canal de dialogue avec l'Allemagne en vue de la réunion sur la réforme du marché de l'électricité à Luxembourg, malgré les désaccords persistants. Paris refuse de supprimer l'article encadrant les contrats à prix garantis (CFD) pour parvenir à un accord. La France considère que la structure générale du dernier compromis espagnol est acceptable, mais plusieurs aspects restent problématiques, notamment le rôle du gendarme européen de la concurrence dans le contrôle des CFD, en particulier pour les centrales nucléaires existantes. Une réunion informelle entre les ministres français et allemands à Hambourg en octobre vise à préparer le terrain pour le Conseil Énergie à Luxembourg. La France cherche également à obtenir le soutien de ses partenaires européens dans l'alliance nucléaire lors de la conférence de l'OCDE.


Prix de l'électricité : Borne donne deux semaines au patron d’EDF pour revenir vers le gouvernement avec un proposition tarifaire acceptable.

La première ministre veut mettre un point final à la discussion sur le futur cadre de régulation d'ici quinze jours. Un dossier sous haute tension, entre la situation financière d'EDF et les exigences de compétitivité de l'industrie et de protection du pouvoir d'achat des consommateurs, indique Le Figaro. En jeu : un arbitrage entre la compétitivité de l'électricité en France, à l'heure où l'ambition de réindustrialisation est érigée en priorité absolue, et la profitabilité d'EDF, entreprise la plus lourdement endettée d'Europe (65 milliards d'euros de dette nette).

« Il faut d'un côté permettre à EDF d'avoir un modèle économique de développement soutenable dans le temps, afin de financer à la fois tous les travaux à faire sur les centrales actuelles et sur les nouveaux réacteurs. Et, de l'autre, préserver le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité des entreprises (…), c'est ce point d'équilibre qui n'est pas facile à trouver. » avait résumé Emmanuelle Wargon, la présidente de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), d’après L’Opinion.


Barclays abaisse de 40% l’objectif de cours d’Orsted, n°1 de l’éolien offshore : « Ils n’ont pas de plan B »

Extrait Business AM le 29/9/23 En cette fin de semaine, Barclays a décidé de faire sévèrement chuter son objectif de cours pour le géant de l’éolien offshore, Orsted. Cela ne reflète toutefois pas son avis sur l’ensemble du secteur, précise la banque britannique. L’objectif de cours fixé par Barclays pour Orsted est passé de 700 à 430 couronnes danoises. Soit une diminution de 40%. Ce vendredi, l’action d’Orsted se négocie à 390 dollars. Soit près de 40% de moins qu’en début d’année.


500 000 à 1million d’ha pour l’agrivoltaïsme évoqués

Extrait Green Univers le 2/10

Même si ce n’est qu’un ordre de grandeur, il est impressionnant : 500 000 à 1 million d’hectares seraient réservés pour des centrales photovoltaïques en milieu agricole ou naturel. A comparer à la surface agricole utile de 29 millions d’hectares en France. Le bas de la fourchette correspond aux sondages informels effectués en interne par des syndicats de la filière


Les éoliennes françaises parmi les moins puissantes en Europe

Extrait GREEN UNIVERS le 4/10/23

Fin juin 2023, la France compte 21,39 GW d’éolien terrestre contre 19,7 GW en juin 2022 et 480 MW d’éolien en mer, selon les données de l’Observatoire de l’éolien 2023 publié par France Renouvelables et Capgemini. Vestas reste le fabricant leader pour les installations terrestres, avec presque 7,7 GW, suivi par Enercon, Nordex et Senvion,


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